Politique

Plainte pour des journalistes étrangers/ Détention pour les journalistes ivoiriens

Plainte pour des journalistes étrangers/ Détention pour les journalistes ivoiriens

En lieu et place de la détention comme il l’a habitué aux journalistes ivoiriens, le Président Ouattara a porté plainte contre les journalistes étrangers, auteurs de l’article de La Lettre du Continent révélant l’augmentation du budget de souveraineté du chef de l’Etat estimé à 342,6 milliards Frs Cfa.

Deux poids, deux mesures.

Convocation à la brigade de gendarmerie, détention pendant plusieurs jours avec l’épée de Damoclès de la prison sur la tête avant d’être libéré sous la pression des médias nationaux et internationaux. Tel est le sort de tout journaliste ivoirien pour divulgation de fausses nouvelles selon le régime d’Abidjan. Malheureusement, le traitement n’est pas le même lorsqu’il s’agit des journalistes étrangers notamment français. En effet pour les mêmes charges qui ont valu à six journalistes ivoiriens d’être conduits nuitamment au camp de la gendarmerie d’Agban (Abidjan), un journaliste de Jeune Afrique avait révélé que les Forces spéciales avaient fait amende honorable avec les primes reçus par le gouvernement. Aucune interpellation.

Mépris ou complexe d’infériorité

Le régime d’Abidjan remet le couvert avec un autre traitement de faveur vis-à-vis des journalistes étrangers. Il porte plainte pour diffamation contre le bimensuel « La lettre du continent ». Si la distance entre Abidjan et Paris expliquent le sens d’une plainte en lieu et place d’une convocation suivie de détention immédiate, le bon sens aurait voulu que ce traitement soit également accordé aux journalistes ivoiriens. À moins que ce deux poids deux mesures ne matérialise un mépris pour ses compatriotes ou un complexe d’infériorité à l’égard des médias étrangers. Cela se perçoit au jour le jour avec l’empressement des personnalités ivoiriennes à accorder des entretiens exclusives aux médias étrangers au détriment des médias nationaux.

 

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