Politique

Passé de chef rebelle/ Un deux poids deux mesures contre Soro

Passé de chef rebelle/ Un deux poids deux mesures contre Soro

Nombre d’Ivoiriens s’arc-boutent sur le passé de chef rebelle de Guillaume Soro arguant qu’il le dessert dans son ambition présidentialiste. Le paradoxe est éloquent car le bénéficiaire de cette rébellion, Alassane Ouattara, actuel président de la République, semble ignoré sur cette question.

Mémoire sélective

C’est noël en décembre. Des Ivoiriens s’enferment volontairement dans la conception selon laquelle le passé de chef rebelle de Guillaume Soro est impardonnable. Il n’empêche que ces Ivoiriens, très courageux, observent la loi de l’omerta sur la responsabilité d’Alassane Ouattara dans cette même rébellion. Le sujet fait l’objet d’une autocensure. Ce serait un crime de lèse-majesté de pointer un doigt accusateur contre le chef de l’Etat. Toutefois, le rôle d’Alassane Ouattara, alors président du RDR dans cette rébellion a été établi par l’ex-commandant de zone Koné Zakaria sur un podium au stade municipal de Bouaké. Délibérément, il a avoué qu’Alassane Ouattara a approvisionné la rébellion en armes, munitions, véhicules, provisions alimentaires, argent et soins médicaux. Ce film réalisé par les ex-rebelles eux-mêmes circulent sur la toile. Ainsi, Guillaume Soro, membre de liste du RDR aux législatives 2000 à Port-Bouet avec comme tête de liste l’actuelle chancelière Henriette Dagri Diabaté ne pouvait se mettre en mission sans l’aval de sa formation politique dont Ouattara est le président. Au demeurant, l’impécunieux étudiant à peine âgé de 29 ans ne pouvait avoir une telle artillerie. De ce qui précède, tenir la dragée haute à Soro et accorder la clémence à Ouattara revient à faire un procès à Jésus Christ et à innocenter Dieu.

Qui de la poule ou l’œuf est arrivé en premier ?

Toute chose pour dire que Soro, Ouattara et la rébellion ivoirienne s’imbriquent dans un triptyque à l’instar de la Sainte Trinité, une relation dialectique à l’image de celle de la poule, de l’œuf et du poussin. Jeu de chaise musicale. Epiloguer sur l’innocence de l’un et la culpabilité de l’autre revient à s’interroger sur le sexe des anges. Vu de montgolfière, tous ont une part de responsabilité. De l’ex-secrétaire général de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) qui a usé de maestria pour prendre les rênes d’un mouvement armé au frappeur de pouvoir moribond sans toutefois oublier ceux qui étaient de mèche avec cette rébellion, dont les masques tombent ces derniers jours.

Mourir ensemble comme des idiots ?

De deux choses l’une. Soit la Côte d’Ivoire s’embourbe dans l’engrenage de cette crise militaro-politique dont la brèche a été ouverte le 24 décembre 1999. Soit elle ferme définitivement cette parenthèse de larmes et de sang pour se reconstruire. Cela passe inexorablement par une réconciliation effective notamment la libération des prisonniers politiques dont les plus célèbres sont l’ex-président Laurent Gbagbo, son épouse Simone et l’ex-ministre de la jeunesse Charles Blé Goudé. Une véritable amnistie qui confèrera à tout Ivoirien de la liberté de prétendre à la course pour la magistrature suprême. « Vivons ensemble comme des personnes intelligentes ou mourrons ensemble comme des idiots. », dixit Alpha Blondy. A ce prix, la Côte d’Ivoire pourrait se retirer du spectacle éhonté qu’elle livre depuis bientôt une année sur la scène internationale depuis les studios de la Cour pénale internationale (CPI). Car Soro, Ouattara ou encore Bédié pourraient et autres pourraient rejoindre Gbagbo et Blé Goudé pour laver le linge sale en public.

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