Politique

Nigeria : le président critiqué par le Parlement pour avoir acheté des avions de combat américains sans autorisation préalable

Nigeria : le président critiqué par le Parlement pour avoir acheté des avions de combat américains sans autorisation préalable

Le Parlement nigérian a critiqué mardi le président Muhammadu Buhari pour avoir acheté des avions de combat aux Etats-Unis sans avoir obtenu d'autorisation préalable.

Une lettre adressée au Parlement par M. Buhari et lue par le président de la Chambre des représentants, Yakubu Dogara, a déclenché de vives critiques de la part des parlementaires, qui ont remis en question la décision du chef de l'Etat de débloquer 496 millions de dollars pour acheter des appareils militaires, sans avoir obtenu l'approbation parlementaire requise par la Constitution.

La livraison de 12 avions Super Tucano par les Etats-Unis devrait être effectuée d'ici 2020, en vertu d'un arrangement direct de gouvernement à gouvernement. Les discussions sur cet achat duraient depuis plusieurs années déjà.

Dans sa lettre adressé au Parlement, M. Buhari a déclaré que la commande du Nigeria avait finalement été acceptée par Washington, qui avait cependant imposé une date limite de paiement, sous peine d'annulation du contrat.

Il a exhorté le Parlement à intégrer ces 496 millions de dollars au budget 2018 comme dépense additionnelle spéciale, attirant l'attention des parlementaires sur les urgences sécuritaires auxquelles le Nigeria était confronté.

Le président Buhari a également confirmé que cette somme avait été "directement versée à la trésorerie du gouvernement américain", et qu'il allait rencontrer le président américain Donald Trump le 30 avril.

Les parlementaires nigérians ont accusé M. Buhari d'enfreindre la Constitution, qui stipule que le budget national ne peut être augmenté que par une dotation spéciale du Parlement.

Kingsley Chinda, parlementaire venu de l'Etat de Rivers riche en ressources pétrolières, a estimé que la décision de M. Buhari constituait "un délit passible de destitution", et souligné que la Constitution nigériane n'autorisait pas à débloquer de manière anticipée un budget.

Un autre parlementaire, Sunday Karimi, a accusé M. Buhari d'avoir snobé le Parlement en effectuant un paiement au Trésor américain sans passer par la voie standard, et demandé l'ouverture d'une procédure de destitution à l'encontre du président.

A la fin de la session plénière, le Parlement a conclu que la requête formulée par le président Buhari dans sa lettre serait débattue au cours d'une future session parlementaire.

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