Politique

Madagascar: l'opposition dénonce une médiation favorable au régime

Madagascar: l'opposition dénonce une médiation favorable au régime

A Madagascar, l'envoyé spécial de l'Union africaine, Ramtane Lamamra, a terminé sa mission dans le pays vendredi 11 mai au soir. Trois autres représentants de la communauté internationale sont encore sur la Grande Ile, celui de l'ONU, de la SADC et de l'Union européenne. Si l'Union africaine a fait part de son optimisme quant à l'élaboration d'un accord politique entre les parties concernées par la crise qui persiste depuis plus de trois semaines sur la place du 13-Mai, les députés de l'opposition sont loin d'être du même avis.

Sur la scène installée place du 13-Mai, la députée Hanitra Razafimanantsoa avertit la communauté internationale : « Si vous mettez de côté les 73 députés, vous n'allez rien résoudre ici ! Au contraire, nous allons durcir notre contestation ! »

Car les médiateurs internationaux n'ont pas invités les 73 parlementaires de l'opposition, qui occupent chaque jour la place du 13-Mai,mais les chefs de parti et certains de leurs députés.

Hawel Mamod'Ali député du Mapar, parti de l'ancien président de la Transition, Andry Rajoelina, dénonce une médiation favorable au régime. « On a écouté le camp du gouvernement et du régime actuel mais de notre côté on nous a imposé. Donc pour moi, c'est un échec. On nous a imposé d'attendre des élections alors que l'intention des 73 députés, c'est la déchéance du président, des élections anticipées, explique-t-il. On ne peut plus attendre parce qu'il y a eu des morts. La communauté internationale cautionne-t-elle les morts de la place du 13-Mai ? »

Dans un communiqué daté de vendredi, l'Union africaine a, elle, indiqué que son envoyé spécial et les autres émissaires de la communauté internationale ont « pu obtenir des principales parties malgaches l'ouverture de consultations politiques de haut niveau ». Cela devrait aboutir à un « projet d'accord politique devant permettre une évolution sereine vers la tenue de l'élection présidentielle à la date prévue par la Constitution », poursuit le communiqué, c'est à dire au mois de novembre. Les députés de l'opposition eux réclament une élection anticipée fin août.

Contactés le Premier ministre et les deux présidents des chambres du Parlement, qui ont été invités aux médiations, n'ont pas répondu aux sollicitations de RFI.

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