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Madagascar: comment faire du tourisme un levier de développement pour le pays

Madagascar: comment faire du tourisme un levier de développement pour le pays

Faire de Madagascar un paradis touristique, et du tourisme un levier de développement pour le pays. Beaucoup en rêvent. Pourtant, en neuf ans, le nombre de touristes étrangers n’a jamais franchi la barre des 300 000 visiteurs annuels. Avec l’épidémie de peste, 2017 a même été une bien mauvaise année, avec seulement 255 000 entrées sur le sol malgache. Mercredi 20 juin, sous l’égide du ministère du Tourisme, près de 400 acteurs du secteur se sont regroupés dans la capitale pour réfléchir aux moyens de faire du tourisme un pilier de l’économie nationale.

« Le budget du tourisme arrive peut-être en 21e position par rapport à ceux des autres portefeuilles, alors que pour moi ce devrait être en 2e position après l’agriculture. » Pour Roland Ratsiraka, ex-ministre du Tourisme, tout est une question d’ambition. Mais ces propositions, comme doubler le budget annuel dédié au tourisme, Tiana Rasamimanana, chef du groupe Sipromad, dont une filière est dédiée au tourisme de luxe, en est las : « Il faut maintenant qu’on arrête les séminaires et les conférences qui sont improductives, mais vraiment, il faut qu’on concrétise ! Quand on construit les hôtels, quand on fait venir les équipements, il faut qu’il y ait un vrai grand coup de pouce de la part de l’Etat. Or, pour le moment, on est toujours taxés. »

Encouragements fiscaux dans les investissements donc, mais aussi renforcement de la sécurité, électrification du pays, et améliorations des infrastructures aéroportuaires, portuaires et routières. Roberto Morelli est directeur d’une agence de voyages qui travaille essentiellement avec les croisiéristes. Il jongle en permanence avec ces contraintes pour pouvoir proposer aux vacanciers des navires, des activités à faire sur terre. « Ce qu’il faudrait améliorer ce sont les infrastructures, dit-il. On a des routes qui sont un peu "pénibles". Nous, on a des problèmes pour dispatcher les touristes des croisières dans les excursions, comme celle qui part de Nosy-Be pour aller à Diego. Avant, quand la route était bonne, on pouvait la proposer. Maintenant, pour aller à Diego, il faut compter 9h de voiture. Ce n’est plus faisable. C’est une excursion qu’on a dû annuler, malheureusement. »

En contribuant à hauteur de 6% du PIB de Madagascar, le tourisme est la troisième source de revenus après l’agriculture et la pêche. Un secteur encore sous-exploité, au potentiel sous-estimé.

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