Portrait

Livingstone: L'histoire d'un infatigable explorateur de l’Afrique

Livingstone: L'histoire d'un infatigable explorateur de l’Afrique

David Livingstone. Un nom resté célèbre car il a été l’un des premiers explorateurs européens, au XIXe siècle, à pénétrer au cœur de l’Afrique et à traverser le continent de l’Atlantique à l’océan Indien. Un destin hors du commun, à découvrir dans notre série sur « les voyageurs de l’histoire ».

 

« Personne ne peut imaginer la beauté du site car nous n’avons rien de comparable en Angleterre… Ce lieu n’a jamais été vu par des yeux européens, mais il a dû être vu par les anges dans leur envol. » Mais de quoi peut bien parler David Livingstone, en novembre 1855 ? L’explorateur est le premier Européen à faire mention des chutes Mosi-oa-Tunya, en Zambie. Il les rebaptisera chutes Victoria (du nom de sa souveraine), aujourd’hui reconnues parmi les plus spectaculaires du monde.

Rien ne prédisposait David Livingstone à crapahuter un jour sur les bords du fleuve Zambèze. Né en 1813 au sein d’une modeste famille écossaise de Blantyre, au sud de Glasgow, son avenir semble tout tracé. À 10 ans, il commence à travailler dans une fabrique de coton. C’est lors de cours du soir qu’il forge son destin : à 27 ans, le voici titulaire d’une licence de médecine et ordonné pasteur, ce qui lui permet d’être envoyé en Afrique en tant que missionnaire à partir de 1840.

Que fait-il si loin de sa terre natale ? Officiellement, il est là pour évangéliser les peuples africains, établir des missions. Dans les faits… on ne lui reconnaîtra qu’un seul converti et, encore, celui-ci se rétractera un peu avant sa mort !

Premier à traverser le continent

Si David Livingstone est resté célèbre, c’est pour les connaissances qu’il va partager sur le continent noir. Car, aussi étonnant que cela puisse paraître, il y a 150 ans, les Européens, qui y avaient pourtant installé des comptoirs maritimes, ignoraient quasiment tout de l’Afrique de l’intérieur des terres.

L’Écossais, lui, va parcourir longuement ces contrées. À travers plusieurs voyages de 45 000 kilomètres à dos de bœuf ou à pied, qui dureront en cumulé près de trente ans, il arpente les territoires actuels de l’Afrique du Sud, du Botswana, de l’Angola, de la Zambie, du Mozambique, du Malawi, de la Tanzanie, etc.

« David Livingstone était un précurseur, rapporte Marie-Claude Mosimann-Barbier qui lui consacre une passionnante biographie (Livingstone, éditions Ellipses.) Il a permis de cartographier des parties de l’Afrique que personne ne connaissait. » Il est notamment le premier Européen revendiqué à traverser le continent d’ouest en est, de l’Atlantique à l’océan Indien, ce qui assurera sa célébrité.

Toutes ses expéditions ne seront cependant pas des réussites et certaines vireront au fiasco. Notamment celle de la recherche des sources du Nil, véritable Graal de l’époque victorienne. Il sera donné pour mort ou disparu… avant d’être retrouvé par un certain Stanley, qui prononcera, à sa vue, une phrase restée célèbre dans le monde des explorateurs : « Docteur Livingstone, je présume ? »

Il voyage… jusqu’après sa mort !

Qu’est-ce qui motive les explorations du Britannique ? L’aventure d’une part, mais aussi, lors de sa quête de l’océan Indien, « la possibilité de trouver une voie de commerce pour que les Africains ne subissent plus l’esclavage », indique l’auteure de Livingstone.

Cet amoureux sincère du continent noir a rencontré de nombreuses difficultés, à une époque où l’Afrique est peu connue et inhospitalière. Il faut composer avec les mouches tsé-tsé, les lions, le paludisme, les longues journées sans eau… Parfois, le voyageur, qui n’était pas toujours d’excellente compagnie, cherche les complications. Comme quand il emmenait sa femme enceinte dans ses explorations ! « Il fallait une endurance physique et mentale exceptionnelle », note encore Marie-Claude Mosimann-Barbier.

Livingstone, qui a laissé son nom à une ville en Zambie, laissera sa vie sur le continent de ses explorations en 1873, vaincu par une dysenterie. Ses entrailles seront enterrées au pied d’un arbre qui, abattu, sera transformé en croix dans la cathédrale de Zanzibar. Son corps mettra neuf mois à rallier l’Angleterre, pour reposer dans l’abbaye de Westminster. Voyageur, jusqu’après la mort !

Avec ouest-france.fr

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