Politique

Le Zimbabwe face à son héritage sanglant

Le Zimbabwe face à son héritage sanglant

Après 30 années de silence, le Zimbabwe fait désormais face à son passé sanglant, celui de la guerre civile qui a suivi l’indépendance. Les morts des années 80 refont surface et les langues se délient : les victimes racontent l'horreur, les plus jeunes découvrent l'histoire de leur parents. La réconciliation des ethnies du pays dépend peut-être de l'exhumation d'un douloureux passé.

De 1987 à 2017, le Zimbabwe a connu 30 années de plomb. Trente ans sous la férule d'un homme au pouvoir sans partage, Robert Mugabe, révolutionnaire marxiste anticolonial devenu un pur autocrate, et finalement chassé du pouvoir en novembre 2017.

Pour asseoir son pouvoir avant d’accéder à la présidence en 1987, Robert Mugabe, d'ethnie shona, avait d'abord dû écarter son ancien allié devenu rival, Joshua N'Komo, d'ethnie ndebele. Entre 1983 et 1985, l’armée de Robert Mugabe commet de nombreux massacres dans le Matabeleland, vaste région qui couvre tout l'ouest du pays. La cinquième brigade,  entrainée par les Nord-Coréens, s’en prend aux populations civiles, accusées de cacher les dissidents.

L’actuel président du Zimbabwe, Emmerson Mnangagwa, qui a destitué son prédecesseur Robert Mugabe, était à l’époque son chef des services de sécurité. D’autres responsables de l’époque sont toujours au pouvoir. Pour tourner la page, les Zimbabwéens voudraient que le gouvernement s’explique, s’excuse aussi. Emmerson Mnangagwa a mis en place une Commission pour la Paix et la Réconciliation, qui a un mandat de 10 ans.

 

Les montagnes du Matopo cachent encore de nombreux ossements, que les passages pluvieux mettent au jour.

Nos reporters Stefen Carstens et Caroline Dumay ont découvert ce passé qui ressurgit aujourd'hui d'une manière souvent morbide. Aujourd’hui, des corps sont exhumés et examinés, afin que les familles sachent ce qui est arrivé à leurs proches. Et qu’elles puissent les enterrer dignement.

 

france24.com

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