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L'ONU et les Etats-Unis se souviennent de Kofi Annan

L'ONU et les Etats-Unis se souviennent de Kofi Annan

L’ancien secrétaire général de l’ONU Kofi Annan s’est éteint samedi 18 août 2018 à l'âge de 80 ans. A la tête de l’organisation entre 1997 et 2006, il était devenu le visage des Nations unies à travers le monde. Le diplomate ghanéen avait vu son action en faveur des droits de l'homme récompensée par le prix Nobel de la paix en 2001. Il laisse le souvenir d'une personnalité charismatique et encore très respectée au siège de l'ONU à New York et aux Etats-Unis.  

 

Au siège des Nations unies, les drapeaux resteront en berne pendant trois jours pour honorer la mémoire de l'ancien secrétaire général. « En ces temps éprouvants, il n'a jamais cessé de donner vie aux valeurs de la Charte des Nations unies », déclare son actuel successeur António Guterres.

 

Une gerbe de fleurs a été déposée sous le portrait de Kofi Annan, accroché dans le hall d’entrée du siège. Les mains croisées, le regard calme et déterminé, l’ancien chef de l’ONU renvoie l’image qu’il s’est forgé au cours de sa longue carrière diplomatique : celle d’un sage, d’un combattant pour la paix, inlassable défenseur des droits de l’homme et du multilatéralisme.

Il a dirigé l'ONU durant la deuxième guerre d'Irak

 

« Le personnage avait certes ses zones d’ombre et ses détracteurs : ceux qui l’accusaient notamment d’inaction lors du génocide rwandais ou du massacre de Srebrenica, en ex-Yougoslavie à l’époque où il dirigeait les casques bleus. Mais Annan faisait l’unanimité auprès de ceux qui l’avaient côtoyé pendant ses années à New York  », rapporte notre correspondant à New York, Daniel Hoffman.

 

En octobre dernier, Kofi Annan s’était rendu une dernière fois dans la ville pour présenter un rapport sur la crise des Rohingyas en Birmanie. Il était apparu affaibli, mais résolu à poursuivre jusqu’au bout l’engagement d’une vie en faveur du dialogue et de la diplomatie.

 

Barack Obama salue son intégrité

 

Aux Etats-Unis justement, les hommages se multiplient. « Kofi Anan a contribué à motiver et inspirer la prochaine génération de leader », dit Barack Obama, qui salue « son intégrité, sa détermination, son optimisme et son sens de notre humanité partagée ».

 

«  Avec ses deux mandats de 1997 à 2007, Kofi Annan a dirigé l'ONU pendant la guerre en Irak. A Washington, le prix Nobel de la paix avait particulièrement irrité l'administration néo conservatrice en déclarant illégale l'invasion américaine de 2003 et en pointant l'échec américain à résoudre le problème collectivement », rappelle notre correspondant aux Etats-Unis, Eric de Salve.

 

« Sa voix et son expérience vont manquer partout dans le monde », déclare aujourd'hui l'ancien président George W. Bush. Pas de réaction en revanche de la Maison Blanche. Au nom de l'actuelle administration américaine, seule Nikki Haley salue « une vie à faire du monde un endroit plus pacifique. Kofi Anan a œuvré inlassablement pour nous unir », dit l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU.

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