Politique

Kenya: la Commission électorale de nouveau dans la tourmente

Kenya: la Commission électorale de nouveau dans la tourmente

Au Kenya, en quelques semaines, le secrétaire de la Commission électorale (IEBC) a été suspendu et trois commissaires ont démissionné. Le rapport d’une ancienne commissaire datant d’octobre a fuité ce lundi 23 avril, révélant les dysfonctionnements d'une l’institution aujourd’hui à bout de souffle.

Le rapport de l’ancienne Commissaire de l’IEBC, Roselyn Akombe, enfonce un peu plus la Commission électorale. Elle éclabousse le secrétaire Ezra Chiloba, suspendu pour trois mois début avril. Elle dit qu’il utilisait toujours l’excuse du manque de temps pour réaliser des appels d’offre en bonne et due forme.

Roselyn Akombe s’interroge sur des différences entre des procès-verbaux présentés par les employés et ceux montrés par Ezra Chiloba devant la Cour suprême. Point hautement sensible : elle parle de secret et de manque de transparence autour des problèmes de transmission des résultats, gérés dans l’opacité par le secrétariat de la Commission et l’entreprise française OT-Morpho, responsable de la technologie.

C’est justement dans cette brèche que l’opposition s’était engouffrée pour parler de fraude et qui avait ensuite conduit à l’annulation de l’élection du mois d’août.

Aujourd’hui, l’IEBC est totalement affaiblie. Une partie de l’équipe dirigeante a claqué la porte. Certains politiques, notamment de l’opposition, exigent la tête du président de l’institution. Pour autant, Wafula Chebukati a affirmé qu’il ne démissionnerait pas.

Selon Marie-Emmanuelle Pommerolle, chercheuse basée à Nairobi, l’homme est pourtant décrédibilisé, isolé. « Les dirigeants de l’IEBC ont manqué d’expertise technique et d’expérience. Ils ont aussi été dépossédés de l’outil technologique par l’entreprise OT-Morpho. Conséquence, on ne saura jamais les vrais résultats de la présidentielle d’août », a-t-elle dit.

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