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Il y a 60 ans, à Brazzaville, le général de Gaulle posait les jalons de la décolonisation de l’Afrique noire

Il y a 60 ans, à Brazzaville, le général de Gaulle posait les jalons de la décolonisation de l’Afrique noire

En visite en Afrique en août 1958, Charles de Gaulle souhaite rallier les colonies du continent en une Communauté qui donnerait une certaine autonomie à ses membres, dans le but d’éviter que ces territoires ne fassent sécession. Mais moins de deux ans plus tard, ces pays accèdent à l’indépendance.  

 

« Il est naturel et légitime que les peuples africains accèdent à ce degré politique où ils auront la responsabilité entière de leurs affaires intérieures, où il leur appartiendra d’en décider eux-mêmes », lance le 24 août 1958 le général de Gaulle à Brazzaville, la capitale de l’Afrique équatoriale française (AEF), qui regroupait quatre colonies françaises d’Afrique centrale.

La création de l’Union française

C’était déjà dans cette ville, capitale actuelle de la république du Congo, que le général avait présidé en février 1944 une conférence majeure, au cours de laquelle il prononçait un discours annonçant la création de l’Union française, succédant à l’empire colonial.

Charles de Gaulle entame une tournée africaine de 20 000 kilomètres, trois mois après son retour en politique, en tant que président du Conseil, le 1er juin 1958. Organisée par le ministère de la France d’Outre-mer et par Jacques Foccart, responsable de la cellule africaine de l’Élysée, la tournée commence au Tchad le 21 août. Viennent ensuite Tananarive, Brazzaville, Abidjan, Conakry et Dakar.

 

Ce voyage d’août 1958 est motivé par la volonté du général de faire adhérer ces territoires à son projet de former une Communauté entre la France et les territoires d’Outre-mer qui veulent lui rester liés. Charles de Gaulle craint leur sécession dans un contexte où la décolonisation est déjà en mouvement.

 

Il propose alors aux Africains le principe de la libre détermination : choisir l’indépendance immédiate, sans aucune aide de la France, ou bien rejoindre la Communauté, dans laquelle chacun des États membres accéderait à une autonomie, avec un pouvoir exécutif et législatif. La défense, la politique étrangère, la politique économique et financière ainsi que le commerce extérieur restant les prérogatives de la France.

Référendum du 28 septembre 1958

La décision dépend, selon les mots du général, du « suffrage de tous les citoyens des territoires d’Afrique et des citoyens de métropole ». Les douze territoires concernés auront la possibilité de décider de leur futur lors du référendum du 28 septembre 1958.

Le résultat est quasi unanime en faveur de la nouvelle Constitution qui crée la Communauté : onze colonies d’Afrique noire ainsi que Madagascar y adhérent. Seule la Guinée, qui vote « non », accède à l’indépendance dès le 2 octobre, ce qui entraîne une rupture immédiate des relations politiques et économiques avec la France. En plus de l’AEF, les pays de l’Afrique occidentale française (AOF) prennent le statut de Républiques membres de la Communauté.

Cette Communauté ouvre la voie à l’indépendance, qui aura lieu moins de deux ans plus tard, en pleine crise algérienne. Entre le 1er janvier et le 28 novembre 1960, les États africains de l’ex AEF et AOF s’affranchissent de la France et 14 États, qui siègent à l’ONU dans les mois qui suivent, voient le jour.

 

la-croix.com

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