Politique

Guinée: un responsable de l'opposition condamné à une peine de prison ferme

Guinée: un responsable de l'opposition condamné à une peine de prison ferme

Un tribunal de Conakry a condamné ce lundi 9 avril à 18 mois de prison ferme un responsable du principal parti d'opposition guinéen, Ibrahima Sory Camara, pour «outrage, injures et diffamation» à l'encontre du président Alpha Condé. Il a été conduit sous bonne escorte policière à la prison civile de Conakry.

Des cris, des pleurs et des sifflets de désapprobation devant le tribunal après l’annonce du verdict par la juge Djenabou Donghol Diallo. « C’est du mépris, il n’y a pas de justice !», « libérez Ibrahima Sory, il n’a pas tué !», «on demande sa libération totale», «soit fort mon ami, soit fort !», pouvait-on entendre.

Ibrahima Sory Camara, membre actif de l’UFDG de l’ancien Premier ministre Cellou Dalein Diallo avait été arrêté le 22 mars sur ordre du parquet de Mafanco, dans la proche banlieue de Conakry, pour des propos tenus quelques jours auparavant sur les réseaux sociaux.

Il a été déclaré coupable d’injures, d’outrage et de diffamation et la juge lui a infligé 18 mois de prison ferme et une amende de 2 millions de francs guinéens, soit environ 190 euros.

Sitôt énoncé, le verdict est rejeté par les avocats de la défense qui le qualifient «non droit». « Notre client rejette les accusations, assure Me Salifou Béavogui, et nous, ses avocats nous nous inscrivons dans cette logique. Nous avons plaidé le "non coupable" et sommes surpris de la décision qui est intervenue ».  

« Dites-vous bien que c’est une affaire analysée sous l’angle politique, ajoute pour sa part Me Alsény Aïssata Diallo, et il y a les juridictions de censure [comme] la cour d’appel, cette décision sera purement et simplement annulée ».

Dans un communiqué en date du 20 mars, le procureur Aly Touré avait fait état de la tenue d’une réunion au palais présidentiel. Selon Ibrahima Sory Camara, lors de cette réunion, il avait été « décidé de recruter des loubards pour s’attaquer aux marchés de la capitale à l’effet de piller les biens des citoyens et une semaine après un incendie s’est déclaré au grand marché de Madina causant d’énormes pertes matérielles ».

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