Politique

Grand-Bassam: un affrontement entre des partisans de Ezaley et Moulot évité de peu

Grand-Bassam: un affrontement entre des partisans de Ezaley et Moulot évité de peu

Ce vendredi 21 décembre, le pire a été évité de peu à Grand Bassam. La police a empêché un probable affrontement entre les partisans du candidat Jean-Louis Moulot et ceux du maire sortant Philippe Ezaley. Tous les deux mécontents les uns des autres, ce à la suite des Municipales de dimanche dernier.

Avec des banderoles sur la tête et des apparats de couleur rouge,  des partisans de M. Ezaley se sont rassemblés du côté du «village» du  quartier France, mais ceux-ci n’ont pu progresser vers la préfecture,  parce qu'empêchés par des individus arborant pour la plupart des  t-shirts à l’effigie de M. Moulot. 

« Ils ne  passeront pas ici », lance un homme de la quarantaine, qui tient dans sa  main un gourdin, plaqué sur le sol du Boulevard Louis Alfonse Bonhouré,  face à la bibliothèque municipale. Les voies d’accès du quartier France  sont barricadées par ces individus qui renvoient tous les véhicules.

Dans  le quartier France, les partisans de M. Ezaley bouillonnent de se  lancer dans la marche, mais certains craignent des heurts. «Ce qu'on  veut, c’est de démontrer qu'il y a une population qui n’a pas voté et  cette  population a droit au vote », a déclaré Charles, l’un des  organisateurs. 

Le camp Ezaley revendique la  reprise du scrutin dans les zones violentées, où selon le maire sortant  15 bureaux de vote ont subi des destructions d’urnes ou des incidents  ayant émaillé la sincérité des élections municipales partielles à  Grand-Bassam. Il estime à 6.577 les électeurs privés de vote. 

Sur  des pancartes et des banderoles, l’on pouvait lire : « Nous électeurs  des centres FDFP, Bassam 1 et 2, Collège moderne et Petit Paris,  réclamons notre droit de vote», « nous sommes des citoyens ivoiriens  inscrits sur le listing électoral de la commune de Grand-Bassam, nous  voulons exercer notre droit de vote ».

« On a  adressé, hier, quatre courriers, au préfet, à Mme le sous-préfet, au  commissaire de Grand-Bassam et au commandant de brigade pour les  informer que ceux-là qui n’ont pas pu voter puissent exercer leur droit  de vote », a dit Charles N'dakon, l'un des responsables de manifestation pro-Ezaley, assurant avoir reçu l’appel du sous-préfet  autorisant la marche.

« A notre grande surprise  ce matin, il y a le camp adverse qui veut se joindre à la marche, mais  ils sont animés d’un esprit de bagarre et de violence », a-t-il  poursuivi, estimant que les centres « exclus »  ne représentent pas «  une population de seconde zone » car elle est « bien inscrite sur le  listing électoral de Grand-Bassam ».  

« On nous a exclu, on  veut voter, c’est un problème, ils ont marché le mercredi, on ne les a  pas empêché de marcher, aujourd'hui on veut marcher, ils viennent  bloquer l’accès de nos quartiers, est-ce cela démocratie ?», s’est  interrogée Valery une partisane du camp Ezaley, visiblement remontée.    

La  « marche pacifique », prévue dans la matinée,  n’a finalement pas eu  lieu sur l’itinéraire prévu. Une journaliste de l’agence de presse  Alerte Info a été agressée aux encablures de la bibliothèque municipale  et son téléphone emporté. Le calme est revenu dans l’après-midi.   

M.  Moulot, candidat du Rhdp (Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix), la coalition au pouvoir, a été déclaré  vainqueur des élections municipales partielles à Grand-Bassam avec 52%  des suffrages exprimés contre 46% pour M. Ezaley, candidat du Parti  démocratique de Côte d'Ivoire (Pdci, ex-allié au pouvoir). 

 

avec APA

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