Politique

Georges Ezaley : « L’élection a été observée, il y a d’autres moyens qu’on a pour prouver que nous, nous avons plus de 9000 voix »

Georges Ezaley : « L’élection a été observée, il y a d’autres moyens qu’on a pour prouver que nous, nous avons plus de 9000 voix »

Georges Ezaley, maire de Grand-Bassam/répond aux questions : « L’élection a été observée, il y a d’autres moyens qu’on a pour prouver que nous, nous avons plus de 9000 voix »

Votre adversaire, dans une publication, a dit que vos partisans ont envahi la préfecture, ce qui a empêché la proclamation des résultats à 14h. Est-ce cela la vérité ?

Le travail était fini. La transmission du tableau a été faite en bonne et due forme, ça a été signé. Normalement, on devrait l’avoir même avant que ça ne parte. Il y a des ajustements qui devaient se faire au niveau des pourcentages, par la Cei régionale comme ils le disent, mais sans toucher au nombre des voix. A 14 h, ils ont fini. Les saisies ont été faites et c’est vers 18 h que quand les gens ont vu les manifestations de joie qui se passaient de l’autre côté chez l’adversaire, ils sont venus à la préfecture. Sinon on avait largement le temps. Mieux, on aurait pu montrer les résultats à nos représentants avant que ça ne parte sur Abidjan, n’eût été l’intervention du préfet qui a demandé que ces résultats soient envoyés sur Abidjan. D’après ce que mes représentants ont dit.



Ce qui veut dire qu’à 14h, les populations n’étaient pas encore arrivées à la préfecture ?

Non, il n’y avait pas de rassemblement au niveau de la préfecture à 14h, ça, ce n’est pas vrai. D’après ce que mes représentants m’ont dit, notamment celle qui est venue à mon domicile vers 15h, il était question de l’attente des résultats. Elle est partie, elle est revenue à 16h et elle a dit qu’on attend toujours les résultats. Donc, s’il y avait eu un attroupement en ce moment-là, comme on dit, on l’aurait su. C’est un peu plus tard, vers 17h ou 18h qu’il y a eu cet attroupement. Je ne sais pas vraiment à quelle heure, les gens sont venus, mais je le dis : c’est quand les gens, partisans de mon adversaire ont commencé à faire la fête, que les populations ont afflué sur la préfecture.



Donc, en clair, ils ont bloqué la proclamation officielle des résultats pour manipuler les résultats ?

Moi, je ne parle pas de ça. Je veux être factuel. Je ne veux pas porter de jugements pour l’instant, je relate les faits. Les faits, c’est qu’à 14 h, la compilation au niveau des Cei locales était faite, les chiffres étaient disponibles, on attendait donc le retour du tableau électronique pour vérification avant que ça ne parte à Abidjan pour l’ajustement au niveau des pourcentages. Et son retour à Bassam, pour la proclamation des résultats. C’est ce processus qui a été vicié. Car plutôt que ça vienne d’abord pour que nos représentants voient, ce n’est pas venu, c’est parti directement. Et plutôt que ça revienne pour qu’on puisse savoir, ce n’est pas revenu. Puisqu’on avait les résultats, si ça revenait et que ce n’était pas les vrais chiffres, on allait se poser des questions. C’est pourquoi, ce n’est pas revenu. C’est resté à Abidjan.



Votre adversaire dit qu’il y a des pourcentages qui étaient au-delà de 100%. Pouvez-vous donner des explications à cette situation ?

C’est ce que j’ai expliqué. Sur les fiches, le nombre de voix des candidats ne doit pas changer. Mais tout ce qui concerne les bulletins nuls, le taux de participation etc, la Cei ajuste à travers un algorithme qu’elle seule peut manipuler. Le pourcentage, comme je l’ai dit, tient compte de beaucoup de facteurs, ce ne sont pas seulement le nombre de voix des candidats. Donc, il faut faire en sorte que ce pourcentage-là reste dans la valeur des 100%. Mais ça, ce n’est pas à notre niveau, c’est au niveau de la Cei. Même lors de l’élection législative, ça s’est passé comme ça. Elle a corrigé les termes de bulletins nuls, de bulletins blancs. Ce n’est donc pas ça le problème, c’est le nombre de voix des candidats comptabilisées bureau de vote par bureau de vote, c’est ce qui est le plus important. En ce qui nous concerne, pour dire voici celui qui est en tête de l’élection. Mieux, les bureaux de vote ont donné des chiffres, la compilation au niveau de la Cei a donné des chiffres. C’est la même tendance. Nous sommes au-delà de 9000 et l’autre, c’est 8000. Si le calcul global de la Cei nous donne plus de 9000 voix et 8000 voix pour notre adversaire, sachez qu’il y a des observateurs qui ont suivi ces élections et nous avons pu obtenir également les chiffres des observateurs. Donc l’élection a été observée, les gens pensent qu’on dit les choses au hasard. On ne va pas tout sortir, parce qu’il y a un contentieux, mais il y a d’autres moyens qu’on a pour prouver que nous, nous avons plus de 9000 voix.



Votre adversaire vous accuse également de fraudes au lieu de vote du Phare et d’Edoukou Miézan ?

Je ne me reconnais pas dans ce genre de polémique. Je ne me reconnais pas du tout dans une affaire de fraude. Les chiffres sont là, c’est la Cei qui établit les bureaux de vote. Donc, s’il y a un PV qui est arrivé et qui porte un nom, est-ce seulement à notre niveau ? Si c’est seulement à notre niveau, on peut comprendre, mais si c’est au niveau d’eux-mêmes, de leurs représentants, au niveau de la Cei, nous ne sommes pas responsables de cela. Quand mes représentants sont allés à la Cei, celle-ci a sorti les PV qu’elle-même a gardés pour venir faire la compilation. Ce n’est pas nous qui avons donné les PV à la Cei. Donc, ça ne tient pas la route. Parfois, il y a des PV qui sont mal remplis, des gens se trompent sur le nombre d’inscrits, sur le nom de bureaux de vote, ils peuvent se tromper. Mais ce n’est pas nous qui délivrons les Pv, les Pv sont délivrés par la Cei. A quel moment donc on a délivré un PV. La compilation a été faite par la Cei qui a pris ses propres Pv et qui les a lus et nos représentants n’ont fait que confirmer les chiffres. Quand on suit les déclarations de nos adversaires, depuis le début, c’est à géométrie variable, c’est pourquoi, je ne lis même plus et je n’écoute même plus ce qu’ils disent. Parce que tantôt c’est comme si, tantôt c’est comme ça, alors que si on veut être factuel, objectif, on a fait une élection, on a fait un dépouillement bureau de vote par bureau de vote, en face de chaque représentant et de la Cei, ça a donné des chiffres. On est venu devant la Cei qui a dépouillé dans l’ensemble devant tous nos représentants. Vous signez, mes représentants signent. Tout le monde est d’accord avec ça. Quand tu viens dire autre chose après, vraiment, moi, je n’entre pas dans ce genre de polémique.



La situation a évolué jusqu’ à ce qu’il y ait un arrêté préfectoral pour interdire toutes les manifestations publiques à Grand-Bassam. Vous en avez fait les frais. Quel commentaire faites-vous sur cette situation ?

Quand on regarde bien au-delà de ces différents actes concernant l’élection, il y a eu beaucoup d’actes d’intimidations, de menaces par rapport à mes partisans. Il y a plein de gens qui reçoivent des appels anonymes du genre : on va te faire la peau etc. On a des représentants de bureaux de vote au Phare. Le monsieur est à son lieu de travail, vers 22h ou 23h, la police va le prendre pour venir faire une audition, à cette heure-là au commissariat. Heureusement qu’on a été informé, on avise nos avocats qui ont appelé pour dire que nous sommes avocats du candidat et nous sommes avocats de son représentant. Nous demandons que vous puissiez attendre le lendemain. On ne sait pas ce qui allait se passer cette nuit-là. Ils auraient pu faire dire n’importe quoi à ce monsieur et puis l’emmener en prison. Il a donc fait une décharge et on l’a laissé partir pour qu’il revienne le lendemain pour faire son audition sur des choses qui ne tiennent même pas la route, surtout que dans le bureau de vote en question, c’est même eux qui ont gagné. Mais après, ce fut le cas de la convocation d’Asseitou Cissé, notre superviseuse de la zone du Phare. On l’a accusée de beaucoup de choses, qu’elle aurait participé à ceci, à cela, à des choses, non établies du tout, qui ne sont même pas vraies. Quand les gens on été gazés la nuit, lundi matin, nous ne savions plus à qui nous adresser. J’ai donc demandé à Asseitou d’aller à la Cei centrale pour s’enquérir des résultats de Bassam. Elle était dans la salle d’attente du président de la Cei nationale quand vers 13h-14h, on annonce les résultats qui sont l’inverse de ce qu’elle avait comme résultats, puisque c’est elle et d’autres qui me représentaient à la Cei. Elle m’a dit qu’elle s’est effondrée quand on m’a attribué 8000 alors que j’avais 9000 voix et qu’on ait donné à mon adversaire qui avait 8000 voix, le score que j’ai eu. Et qu’elle a dit au président de la Cei nationale que ce n’est pas vrai, ce n’est pas juste. On l’accusée d’être à Bassam pour organiser des troubles qui ont eu lieu à Bassam. Elle a répondu que je ne peux pas être à Abidjan avec le président de la Cei nationale et agir à Bassam. Ce sont donc des accusations non fondées. Ça a été ensuite mon cas après elle. Je trouve que ce sont des choses qui ne tiennent pas la route. On dit que la Gouverneur du Canada venait, il y a eu des choses, c’est vous. Ecoutez, moi, je me suis fait représenter officiellement par la 4ème ajointe au maire. Et comme c’est une illustre dame qui venait, je me suis dit qu’il faut une dame qui l’accueille et ce fut fait. Et comme il s’agissait de la Cour royale des N’zima, mon directeur de campagne qui maitrise les questions traditionnelles a servi de porte-parole de la délégation canadienne. La veille, il m’a appelé pour me demander ce qu’on fait. Je lui ai dit : il faut y aller. Si on voulait faire un problème à cette visite, ces deux personnes n’auraient pas été là. Mais plus grave, c’est le cas de Kamagaté Adama. Il est l’un des directeurs de campagne adjoinst pour la zone Impérial. Si vous avez besoin de l’entendre, vous l’appelez. Ou s’il demande pour des raisons de sécurité, une convocation, vous la lui envoyez. Maintenant s’il n’y va pas, en ce moment-là, vous pouvez agir. Mais, on fait fi de tout ça, on vient à 8h le matin, à son domicile, on le prend devant ses enfants, alors qu’il est en culotte. Un professeur de lycée. On lui met une cagoule et on le jette dans une voiture et on l’emmène, je ne sais où. J’informe le DG de la police nationale. Pendant que j’étais ce même jour-là à la préfecture de la police pour mon audition, en présence du procureur adjoint, du substitut du procureur et de mon avocat, on apprend qu’il est lui aussi à la préfecture de police. Avait-on besoin de venir le kidnapper ? On m’a fait croire à la fin de mon audition qu’il serait libéré 15 à 20 mn après. Je pars et à 23h, on m’appelle pour me dire que finalement, on ne retrouve pas les décideurs pour prendre une décision concernant Kamagaté. On est donc obligé de le garder au violon jusqu’ au lendemain. Et le lendemain, c’est devenu une affaire du parquet, d’enquête spéciale, de mandat de dépôt à la Maca. Qu’est-ce qu’on recherchait en venant le kidnapper. Mais il est fort, avec son épouse et les avocats on travaille sur son dossier. La première semaine après les résultats que je conteste, je suis resté à Abidjan pour travailler avec mes avocats afin de faire mon recours. On avait 5 jours pour réunir toutes les pièces, faire un dossier en béton etc. Donc du lundi au vendredi, j’étais occupé à cela, sans oublier des Ambassades qui m’ont appelé pour que je vienne leur expliquer ce qui se passe. Je fais un post pour demander à mes collaborateurs d’inviter les chefs traditionnels, les femmes, les jeunes, les associations professionnelles. Je leur ai demandé d’organiser deux réunions, samedi et dimanche, pour que je puisse passer trois messages : un : remerciements, deux : leur expliquer ce qui se passe et trois : leur dire que le recours est fait et qu’ils évitent de faire de la provocation et des manifestations publiques, parce qu’il y avait un arrêté préfectoral. Je décide de faire ces rencontres au centre culturel Jean Baptiste-Mockey, une salle où on fait les mariages et autres cérémonies. A 14h, alors que des chefs sont là, la police et la gendarmerie débarquent et demandent aux chefs de sortir parce que le préfet dit que cette rencontre n’est pas autorisée. Je venais d’Abidjan et j’ai appelé le préfet qui m’a dit : vous savez fait le recours, il vaut mieux attendre. J’ai dit : mais je dois quand même parler aux gens. J’ai fait la campagne, je suis allé vers des gens qui m’ont reçu, je veux juste leur dire merci et leur dire ce qui se passe. Le centre culturel a été fermé et le préfet a repris la clé. J’ai dû appeler le ministre de l’Intérieur parce qu’il disait que le ministre… j’ai appelé le ministre à qui j’ai expliqué qu’il s’agit des chefs à qui je ne dois pas manquer de respect. Si c’était des jeunes, je pouvais leur faire comprendre mais des chefs. Alors, je les ai reçus chez moi, à la maison. J’ai passé le message, après ce fut les dames, les jeunes. Je leur ai passé le message. Et puis des gens naturellement viennent prendre de mes nouvelles. A la mairie, on a envoyé un message au secrétaire général à 15h pour une mission de contrôle et de vérification, à 16h soit une heure après, les contrôleurs sont arrivés. Je les ai reçus mardi, ils ont dit que le contrôle, c’est sur la durée de mon mandat et que cela allait durer 5 jours. Ils ont indiqué qu’ils avaient commencé à Abidjan avant les élections et qu’ils ont arrêté. Pourquoi ne sont-ils pas allés ailleurs ? J’ai demandé au secrétaire général de mettre à leur disposition tous les documents qu’ils désirent vérifier. J’ai servi ce pays. Sans me jeter des fleurs. Au niveau de la mairie, il y a deux ans, j’ai été le meilleur élu local. Sans me vanter, j’ai été décoré sous le président Bédié : chevalier dans l’ordre national, sous le président Gbagbo : officier dans l’ordre national, sous le président Ouattara : commandeur dans l’ordre national. Au niveau du sport : le titre du meilleur oscar de dirigeant de football. Avec tout ça, sur le net, des gens qu’on a payés écrivent des choses, disent des choses qui ne sont pas vraies du tout. On m’a même comparé à Oussama Ben Laden. Là, on ne dit rien. Quand c’est comme ça, ils ont le droit de faire tout ça. Ce que moi je dis, c’est qu’on a fait des élections. Il y a une vérité des urnes qui est sortie, cette même vérité des urnes a été confirmée, lors des rencontres avec la Cei locale et nos représentants. Et aujourd’hui, on donne un résultat qui n’a rien à voir avec cela. C’est ce que je revendique. J’ai fait un recours et nous avons été reçu par plusieurs chancelleries à leur demande. Mieux les avocats internationaux sont venus, ils ont reçu chacun des candidats que nous sommes. On a expliqué les choses. Quand j’explique mon dossier, les gens ne comprennent pas ce qui m’arrive. 



Avez-vous un dernier mot à l’endroit des Ivoiriens ?

Qu’on me rétablisse dans la vérité des urnes, c’est tout. Je ne suis pas dans une logique quelconque. Vous savez, pendant la campagne, je disais que moi, j’ai deux soutiens. C’est la population et puis Dieu. Et je pense que c’était bien dit. C’est une intuition extraordinaire que j’ai eue en disant ça. La population a fait son travail puisqu’elle a voté pour moi. Ce qui se passe, c’est Dieu seul qui pourra rétablir, en faisant dire le droit aux magistrats de la Chambre administrative de la Cour suprême. J’ai cette conviction-là parce que le processus électoral chez nous a été jusqu’au bout. On n’a pas dit qu’il y a eu des casses d’urnes etc. Le décompte a été fait, des documents existent, sauf que les chiffres qui ont été proclamés ne sont pas les bons chiffres. On a tous les éléments qui doivent permettre aux magistrats de dire le droit, de rectifier les résultats qui ont faussement été publiés. Je suis serein. Ce qui m’importe aujourd’hui, c’est la situation de mon collaborateur. Comment faire pour qu’il soit réhabilité. Je voudrais avoir une pensée pour lui et demander à sa famille de rester forte parce qu’il est dans la vérité. Et Dieu fera grâce.

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