Politique

Gaza : le Conseil de sécurité se réunit en urgence

Gaza : le Conseil de sécurité se réunit en urgence

Les soldats israéliens ont tué, hier, 55 Palestiniens lors de heurts et de manifestations contre l'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem.

Faut-il craindre un nouveau bain de sang ? Au lendemain des affrontements violents à la frontière entre la bande de Gaza et Israël, qui ont fait 55 morts parmi les Palestiniens -dont un bébé qui a inhalé du gaz lacrymogène- on peut le craindre.

Hier, était le point culminant d'une mobilisation, la "marche du retour" qui a vu, depuis le 30 mars des milliers de Gazaouis se rassembler le long de la frontière pour revendiquer le droit des Palestiniens à retourner sur les terres dont ils ont été chassés ou qu'ils ont fuies à la création d'Israël en 1948.

L'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem, hier, a attisé davantage la colère des Palestiniens.

Ces heurts sanglants pourraient se poursuivre ce mardi pour les 70 ans de la Nakba, la "catastrophe" qu'a constituée pour les Palestiniens la création d'Israël en 1948 et qui a été synonyme d'exode pour des centaines de milliers d'entre eux. 

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir mardi. Organisée à l'initiative du Koweït, la réunion est programmée à 14 heures GMT, selon des sources diplomatiques. Ces événements ont suscité une vive inquiétude internationale.

La Turquie et l'Afrique du Sud ont décidé de rappeler leur ambassadeur en Israël.

Les adversaires d'Israël et des organisations de défense des droits de l'Homme ont de nouveau condamné l'Etat hébreu pour usage disproportionné de la force.

Pour leur part, les Etats-Unis ont bloqué lundi l'adoption d'un communiqué du Conseil de sécurité qui entendait exprimer son "indignation et sa tristesse face à la mort de civils palestiniens exerçant leur droit à manifester pacifiquement".

Les ONG Amnesty International est allé jusqu'à évoquer des "crimes de guerre".

L'Union européenne et Londres ont appelé à la retenue, Paris a "condamné les violences".

L'Iran a dénoncé un "jour de grande honte".

La Turquie a accusé Israël de "terrorisme d'Etat" et de "génocide", estimant que les Etats-Unis partageaient la responsabilité du "massacre" à Gaza.

L'Etat hébreu réfute le caractère proclamé pacifiste de la mobilisation à Gaza et dit qu'elle sert de couverture aux tentatives du Hamas de s'infiltrer en Israël.

Selon l'armée israélienne, au moins trois équipes d'hommes en armes ont essayé de disposer des explosifs le long de la barrière et plusieurs membres du Hamas se sont déguisés en civil pour se fondre parmi les manifestants. Israël a bombardé lundi plusieurs positions du mouvement islamiste.

 

L'Obs

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