Portrait

Etats-Unis: Trump nomme Nikki Haley ambassadrice à l'ONU

Etats-Unis: Trump nomme Nikki Haley ambassadrice à l'ONU

Aux Etats-Unis, le bal des nominations se poursuit. Le président élu Donald Trump a choisi la jeune gouverneure de Caroline du Sud pour devenir la prochaine ambassadrice américaine auprès des Nations unies. Il s'agit de Nikki Haley, 44 ans, une étoile montante du parti républicain. Elle est la première femme à être désignée dans l'administration de Donald Trump. Fille d'immigrants originaires d'Inde, elle a peu d'expérience en politique internationale.

Le choix de Nikki Haley comme ambassadrice américaine auprès des Nations unies est une surprise. Car contrairement aux autres personnes désignées jusqu'à présent, elle ne fait pas partie du cercle rapproché de Donald Trump. C'est le moins que l'on puisse dire. Pendant les primaires, Nikki Haley a soutenu les candidats Marco Rubio et Ted Cruz. Et elle n'a pas hésité à critiquer Donald Trump pour son projet de construire un mur à la frontière mexicaine.

Adepte d'une politique modérée sur l'immigration, la gouverneure de Caroline du Sud s'est d'ailleurs attiré les foudres du candidat Trump. Mais ces accroches appartiennent au passé. Aujourd'hui, le président élu justifie son choix en présentant la jeune républicaine comme une femme sachant « rassembler les gens, peu importe leur origine, ou leur parti politique », une allusion à ses origines.

Nikki Haley, en tant que fille d'immigrés indiens, représente un peu de diversité dans une équipe constituée d'hommes blancs d'un certain âge. Sans expérience sur le plan international, elle a gagné une certaine popularité en tant que gouverneure de Caroline du Sud (sud-est). Après la tuerie dans une église afro-américaine à Charlotte, elle avait fait décrocher en juillet 2015 le drapeau confédéré, symbole ségrégationniste au yeux de beaucoup, qui flottait depuis des années devant le bâtiment du Parlement de son Etat.

Nikki Haley a beau être issue de la frange conservatrice du Tea Party, elle est vue par les diplomates comme plutôt modérée et tolérante. En tant que membre permanent du Conseil de sécurité disposant du droit de veto, son rôle est décisif, estime l'ambassadeur français François Delattre : « La France et les États-Unis doivent s'unir devant les défis auxquels nous sommes confrontés, y compris ici à l'ONU. Et plus que jamais, nous avons besoin d'une Amérique qui est engagée dans les affaires mondiales. »

Cinquième femme à occuper ce poste, Nikki Haley aura le rang de ministre. Elle succédera à l'ambassadrice Samantha Power et trouvera sur son bureau à l'ONU le brûlant dossier syrien. Reste à savoir quelle marge de manoeuvre lui accordera le président Trump, un homme très réservé sur le rôle des Nations unies et à la diplomatie très changeante. La désignation de Nikki Haley doit encore être approuvée par le Sénat. 

Commentaires