Politique

Des "irrégularités" aux législatives mauritaniennes

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Les élections législatives, régionales et locales organisées samedi en Mauritanie ont connu des "irrégularités", selon l'opposition. La Commission électorale nationale indépendante (Céni) dément.

Selon Mohamed Ould Maouloud, le président du Forum national pour la démocratie et l'unité, les militaires, qui devaient voter vendredi seulement, ont continué à voter samedi, jour réservé au vote des civils.

"Nos représentants ont été chassés des bureaux de vote. Nous avons signalé les irrégularités à la Céni. Dans certains cas, il y a eu des réactions positives. Mais dans la plupart des cas, c'est le fait accompli. De toutes les façons, on ne s'attendait pas à autre chose que cela", s'est offusqué Mohamed Ould Maouloud dans un entretien téléphonique avec BBC Afrique.

"Nous avons participé à ces élections en étant conscients qu'il n'y a pas de garantie de transparence. Le pouvoir voulait nous pousser à boycotter ces élections décisives afin d'obtenir, dans la tranquillité, un troisième mandat en 2019", a-t-il ajouté.

La Céni dément les irrégularités évoquées par l'opposition et soutient que le vote s'est déroulé correctement.

"Ces élections se sont déroulées normalement, dans une ambiance de fair-play et dans la responsabilité. Elles se sont déroulées de façon transparente, selon les organisations de la société civile, qui ont sillonné tout le pays", a soutenu Moustapha Ould Sidi El Mouctar, le porte-parole de la Céni.

"Ce n'est pas vrai. Ils n'ont aucune preuve", a-t-il martelé dans un entretien téléphonique avec BBC Afrique, concernant l'éviction des représentants de l'opposition des bureaux de vote.

"La Céni ne peut pas être partisane. La Céni est indépendante. Elle exerce son travail librement", a argué son porte-parole.

 

Le scrutin législatif est considéré par certains analystes comme un test pour le régime de Mohamed Ould Abdel Aziz, à moins d'un an de la présidentielle de 2019.

Bien qu'il se soit engagé plusieurs fois à ne pas tenter de modifier la limitation à deux du nombre de mandats présidentiels, le président mauritanien n'est pas parvenu à apaiser les soupçons de l'opposition. Il dirige le pays depuis 2008.

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