Politique

Démission d’Alphonse Soro/ Le torchon brûle entre Ouattara et Soro

Démission d’Alphonse Soro/ Le torchon brûle entre Ouattara et Soro

Par-dessus les discours politiquement corrects, les divergences entre Guillaume Soro et le Président Ouattara ne font plus l’ombre d’un doute. La récente démission d’Alphonse Soro, jadis conseiller en charge du Dialogue social à la primature met à nu la guerre de tranchées à l’aune de la présidentielle 2020.

En politique, il ne faut point se fier aux discours mais surtout aux faits. Fort de cette maxime, les faits récents survenus en Côte d’Ivoire concordent pour parler d’un effritement des relations au sommet de l’Etat entre Alassane Ouattara et Guillaume Soro.

La pomme de discorde

La présidentielle 2020 demeure le point d’achoppement. Pour Ouattara, 2020, ce n’est pas maintenant. Il l’a fait savoir lors d’un point de presse animé avec le président du parlement européen, Antonio Tajani, mercredi 14 juin 2017, depuis Strasbourg. Contre toute attente, Ouattara parle de la Constitution ivoirienne taillée à sa mesure. « Nous avons une belle constitution qui est en place et qui a été votée à plus de 93%. Moi-même mon élection s’est faite en 2015. Des élections transparentes, démocratiques, reconnues par tous. J’ai été même félicité par mes adversaires. Et j’ai été élu à 83% . Donc je vais vous dire simplement que 2020, ce n’est pas maintenant », a-t-il indiqué. Le rapport entre la présidentielle 2020 et sa Constitution reste à éclaircir.  

En ce qui relève de Guillaume Soro, 2020, c’est maintenant. Il montre tout haut par ces faits ce que tous pensent tout bas. Il n’empêche qu’il s’irrite quand certains lui reprochent d’être pressé d’arriver en 2020. « Quand on me dit que je suis impatient, je suis choqué. Entre Emmanuel Macron, qui est président de la France à l’âge de 39 ans, et moi-même, qui a 45 ans et pas encore président, qui est impatient ? J’ai commencé mon engagement politique et syndical en 1991. », réplique-t-il. 

Démission d’Alphonse Soro

Pour avoir réagi suite au crime de lèse-majesté de Marwane Ben Yahmed, directeur de publication de Jeune Afrique, à l’égard du Président de l’Assemblée nationale, Alphonse Soro, conseiller en charge du Dialogue social à la primature est pris pour cible par l’entourage du chef du gouvernement au point de démissionner. Dans son article intitulé « Docteur Soro et Mister Guillaume », Marwane Ben Yahmed avait qualifié le chef du Parlement ivoirien d’armurier (vendeur d’armes). Des propos jugés provocateurs par Alphonse Soro. L’on peut en déduire que les invectives à l’endroit de Guillaume Soro importent peu pour la Primature ivoirienne. Cette démission intervient dans un contexte marqué par une cabale contre Guillaume Soro visant, selon ses proches, à ruiner ses chances à la présidentielle 2020. Dans la nuit du 14 au 15 mai 2017, à la faveur d’une mutinerie, des mutins, sur un coup de fil venu d’Abidjan, à en croire Reuters, découvrent des armes au domicile de son chef de protocole, Kamaraté Souleymane.

En somme, dans cette guerre de tranchée, Alphonse Soro, annoncé au sein de l’équipe Soro, ne ferait que regagner son camp d’origine. Conseiller spécial, chargé de l’agriculture et des ressources halieutiques de Guillaume Soro et bras séculier de celui-ci depuis la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI), il avait rejoint les probables adversaires. L’heure est sans doute venue de regagner sa famille pour mener la bataille prochaine.

 

 

 

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