Politique

Décès des détenus pro-Gbagbo/ Jusqu’à quand sonnera le glas ?

Décès des détenus pro-Gbagbo/ Jusqu’à quand sonnera le glas ?

2 détenus pour des délits liés à la crise postélectorale sont morts à ce jour au grand pénitencier d’Abidjan à en croire une source proche des victimes. Des pertes en vie humaine qui contrastent avec les discours appelant à la réconciliation nationale.

20 mai 2017 et 29 juin 2017, deux décès au sein des détenus de la crise postélectorale.  Le gendarme Assi Jean Kouatchi, en détention à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA) depuis le 26 mars 2012 pour atteinte à la sureté de l’Etat est passé de vie à trépas le 20 mai dernier au Centre hospitalier universitaire (CHU) de Treichville, chaines aux pieds sur le lit de l’hôpital. Un décès qui n’avait pas manqué de susciter de vives  réactions des partisans de Laurent Gbagbo qui dénoncent des traitements inhumains subits par les détenus. « Les détenus pro-Gbagbo sont privés de droits à la santé », accuse Désirée Douati, présidente de l'Association des Femmes et familles des détenus d'opinion de Côte d'Ivoire (AFFDO-CI). Un mois plus tard, soit le 29 juin 2017, c’est Todé Bonfils, détenu suivant mandat de dépôt du 8 mai 2012, jugé et condamné le 10 mars 2015 par la Cour d’Assises d’Abidjan, à 10 ans de prison, pour atteinte à la défense nationale, qui décède au Centre de Santé Urbain Spécialisé de la Maison d’Arrêt et de Correction d’Abidjan (MACA), où il purgeait sa peine.

Des décès qui contrastent avec les appels à la réconciliation

« Cette nuit, une famille qui attendait de voir son fils libéré, va recevoir la nouvelle de son décès? Que chacun fasse son meaculpa. », a réagi Alain Lobognon, député de Fresco et président de l’Alliance du 3 avril, proche de Guillaume Soro. Un appel à la décrispation et à la réconciliation qui ne rencontre point l’adhésion des extrémistes des bords pro-Gbagbo et pro-Ouattara, encore enfermés dans des pulsions vengeresses. « Il n’y a aucun intérêt à garder des gens en prison. C’est ensemble que nous devons construire la Côte d’Ivoire. », avait indiqué dans un passé récent Guillaume Soro.

Des vies à sauver

A juste titre car de nombreux cas de détenus  souffrant sont signalés par leurs proches. Le sergent Seri Daleba figure au nombre de ceux-ci. Condamné à perpétuité pour l’assassinat du Général Robert Guei survenu en 2002 et détenu à la Maison d’arrêt militaire d’Abidjan selon ses proches, il lutte contre la mort. Après un accident vasculaire cérébral (AVC), affirment-ils, il souffre d’une tumeur et d’un saignement abondant de l’oreille gauche. S’il est illusoire de s’attendre à une libération de ces détenus proches de l’ex-régime, il n’en demeure pas moins que l’Etat a l’obligation de leur accorder le minimum de soins.


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