Politique

De quelle région politique es-tu ?

De quelle région politique es-tu ?

Les années passent, les hommes aussi, mais le système semble bien trop huilé et ancré dans les mœurs pour disparaitre. Il faut désormais s’y faire. En Côte d’Ivoire, la politique ne peut que  rimer avec appartenance ethnique.

 

 

L’exemple le plus récent, le congrès électif du Mouvement des forces d’avenir (MFA) qui s’est tenu le week-end dernier à Bondoukou, ville du nord du pays où est né le fondateur du parti, Innocent Anaky Kobena.

Si au moins l’excuse de la présence du siège dans la ville du nord du pays avait été avancée, cela aurait pu passer. Mai que nenni, le MFA ou plutôt les MFA (tendance Ouattara qui a procédé à “son’’ élection et tendance Moutayé évincé mais toujours à la barre) ont tous deux leurs sièges à Cocody (Abidjan), au sud, à plus de 402 kilomètres de Bondoukou.

Pourquoi donc avoir choisi de tenir si loin le congrès extraordinaire  électif ? Se rapprocher de la base ou faire élire un autre fils de la ville, Ouattara Siaka, devant les siens ?

Autre exemple qui conforte dans l’idée que l’émergence de la Côte d’Ivoire, peu importe sa date, se fera sous des hospices de politique à couleurs régionales : le cas UDPCI.

Le parti fondé par feu Robert Guéi (fils de Kabakouman, ouest du pays) est depuis son décès dirigé par Abdallah Albert Mabri Toikeusse (lui aussi fils de la même région). La direction du parti, composée de 29 membres avec plus de la moitié (17) originaire de la même zone géographique. Aussi, pour les tournées nationales effectuées à ce jour, c’est à l’ouest que la mobilisation a été la plus forte.

Pareil pour le plus vieux parti ivoirien, le PDCI de Felix Houphouët-Boigny auquel on attribue le grand-centre (région d’origine du fondateur) comme bastion. Idem pour le RDR de Djeni Kobina, qu’on situe aujourd’hui “géographiquement’’ dans le Nord de la Côte d’Ivoire.

Le FPI de Laurent Gbagbo pourrait sembler exceptionnel si l’on se limite à ses dirigeants. Mais l’évidence est bien là. Qui constitue le gros des militants du parti à la rose ?

 

Ce présent propos loin de fustiger est juste une invite à s’interroger sur ce qui est et ce qui devrait-être, pour le bien commun.

Selon l’adage, on ne change pas une équipe qui gagne. Le système « parti politique à base régionale » est expérimenté depuis que la Côte d’Ivoire existe et ses résultats, nul ne peut les ignorer à ce jour.

Ne serait-il pas temps d’oser le changement, d’oser aspirer à mieux pour nous-mêmes et les générations futures ?

Est-ce vraiment la parenté qui devrait déterminer notre engagement politique en ce troisième millénaire ? La gestion de la chose publique à l’ère de la nanotechnologie et des excursions touristiques dans l’espace, doit-elle encore s’encombrer de si basses contingences ?

 

 

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