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Côte d’Ivoire: après les marchés, la psychose des domiciles incendiés gagne du terrain

Côte d’Ivoire: après les marchés, la psychose des domiciles incendiés gagne du terrain

Des maisons incendiées nuitamment avec des corps sans vie de leurs occupants, les drames se suivent, depuis peu, en Côte d’Ivoire au point de créer une psychose au sein des populations.    

En l’espace d’un mois, deux familles ont été décimées dans l’incendie de leur résidence à Grand- Bassam (Sud-Est) et à Divo (Centre-Ouest) faisant, respectivement, 9 et 8 morts. Une double tragédie qui continue d’alimenter les débats.

A Bassam, une veuve, son fils, ses six petits-enfants et la servante ont été pris au piège de l’incendie qui s’est déclenché le 25 juillet à 3h du matin au domicile familial. Mardi 21 août, à Divo, un professeur de Lycée a péri, en compagnie de ses quatre enfants et de deux de ses protégés dans l’incendie qui a consumé sa résidence à 4h du matin.

Entre les deux tristes événements, début août à Dabou (Sud-Ouest) , un jeune  homme de retour d’une sortie, a aperçu une fumée s’élever d’une des chambres de la résidence familiale et a alerté ses parents, frères et sœurs, déjà, dans les bras de Morphée pour sauver la maisonnée d’un drame similaire que les deux premiers cas. Le pire venait d’être évité.

La récurrence d’incendie de maison avec pertes en vies humaines inquiète, de plus en plus, les populations. En l’absence des origines de ces incendies, les langues commencent à se délier tant à Bassam qu’à Divo, les premiers indices écartent la thèse de défaillances des installations électriques qui « pourraient causer ces incendies ».

« Mêmes les deux bouteilles de gaz n’ont pas été touchées, ce qui paraît curieux dans l’incendie d’une telle ampleur », avaient confié à APA des sources sécuritaires après l’incendie de Divo.

Selon un couple attablé dans un maquis à Yopougon, mercredi soir, « ces incendies ne sont pas simples » et d’évoquer des « actes criminels » avec des relents de règlement de comptes à l’origine d’un problème d’héritage de la résidence de la défunte veuve comme cela se susurre à Grand-Bassam.

« Aujourd’hui, il ne fait plus bien de provoquer une tierce personne sinon, la nuit tombée, elle risque de mettre le feu à ta maison », ironise Pierre Claver Dibo qui croit dur comme fer que « ces incendies sont criminels ».

Qui sont donc ces pyromanes sans cœur ni foi qui ôtent la vie à des humains de manière atroce ? Comme il y a un an, les marchés brûlaient partout dans le pays, les incendies des domiciles sont d’une fréquence inquiétante.

« Nous allons désormais dormir avec un œil ouvert », alerte M. Dibo affirmant avoir donné « tous les soirs des consignes strictes à sa famille avant de se coucher ». Quelles précautions faut-il prendre face à ce nouveau phénomène qui gagne du terrain ?

« Confions le sommeil et le réveil de nos familles à Dieu. Car ce qui se passe, actuellement, est plus spirituel que physique. Quand des flammes épargnent une bouteille de gaz, un liquide hautement inflammable, pour consumer une maison, c’est qu’il y a quelque chose », admet le Pasteur Iréné Kouassi.

Pour Coulibaly Moussa, machiniste, « personne n’est à l’abri de ce phénomène nouveau qui ne met pas en cause les installations électriques. On doit se confier à l’Eternel parce que ça fait vraiment peur ».

«C’est une autre forme d’insécurité qui prend corps dans le pays. Il faut redoubler de vigilance dans les maisons », conseille pour sa part, dame Géneviève Golé.

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