Politique

Changement de ton de la France à l’égard de l’Afrique

Changement de ton de la France à l’égard de l’Afrique

Le discours de politique étrangère que président de la République délivre à chaque rentrée de septembre aux ambassadeurs avait, cette année, une forte tonalité africaine. La force des liens qui relient le continent noir à l’ancienne puissance coloniale n’est pas une nouveauté. Ce qui l’est davantage, ce sont les termes choisis par Emmanuel Macron et la nouvelle narration à destination d’un continent élevé au rang de partenaire de premier plan.

Cette année, sans occulter les désastres, le producteur de crises est devenu un partenaire incontournable pour « influer sur le cours du monde »

Relire le discours de l’année précédente permet de prendre la mesure du changement de ton. En 2017, il était essentiellement question de l’Afrique et de ses plaies : le terrorisme « nourrit des crises régionales et des divisions en Afrique » ; les migrants sur ces « routes de la nécessité, qui déplacent tant d’Africains, qui font qu’aujourd’hui, le désert en Afrique et la Méditerranée sont devenus (des) cimetières » ; les pandémies, « dont le Sida, qui continue de constituer une grave menace sur le continent »… L’Afrique en tant que « continent d’avenir » n’était que brièvement évoquée.

Cette année, sans occulter les désastres, le producteur de crises est devenu un partenaire incontournable pour « influer sur le cours du monde ». « Il n’y a pas de fatalité dans l’instabilité africaine, a expliqué le chef de l’Etat, qu’il s’agisse des conflits internes ou des conflits entre voisins. L’Afrique n’est pas seulement notre interlocuteur pour parler des crises qui l’affectent, elle est d’abord notre alliée pour inventer les grands équilibres du monde de demain. »

« Un nouvel imaginaire »

La direction avait été donnée, en novembre 2017, lors de son discours tenu devant des étudiants à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Contrairement à ses prédécesseurs, le chef de l’Etat n’avait...

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