Politique

Candidature du PDCI en 2020/ Bédié renoue avec la démocratie

Candidature du PDCI en 2020/ Bédié renoue avec la démocratie

Longtemps absent de la table de la démocratie, l’ex-président ivoirien Henri Konan Bédié, par ailleurs président ‘‘à vie’’ du PDCI, s’est enfin décidé à écouter la voix des militants au risque de perdre à jamais le parti d’Houphouët Boigny.

Retour à la raison. Enfermé dans sa conception du PDCI-RDR, selon Kouadio Konan Bertin (KKB) matérialisé par l’appel émotionnel de Daoukro du 17 septembre 2014, Henri Konan Bédié revient à la raison. L’idylle avec Alassane Ouattara et le RDR, parti au pouvoir, ayant du plomb dans l’aile.

En effet, le monarque de Daoukro avait balayé du revers de la main les résolutions du 12ème congrès du parti qui exigeaient une candidature d’un militant actif autre que lui à la présidentielle 2015. Et ce, au profit de son appel émotionnel de Daoukro qui appelait à une candidature unique d’Alassane Ouattara. La suite est connue. Cette décision saugrenue et cavalière avait suscité des divisions internes au point où des candidatures sont sorties des rangs du PDCI. Le dauphin constitutionnel d’Houphouët Boigny n’est pas à son premier essai, accoutumé à tordre le cou à la démocratie. Il a certainement compris qu’il lui appartient de se mettre à la disposition de ses militants et non le contraire comme il l’avait signifié en 1993.

Si l’idée d’une candidature d’un militant actif du PDCI à la présidentielle 2020 effleure aujourd’hui l’esprit du  président ‘‘à vie’’ de ce parti, elle ne peut qu’être saluée à sa juste valeur par une salve d’applaudissement. Ainsi, l’on donnera tort à Jérôme Kablan Brou, cadre du PDCI qui s’était opposé à l’instar de KKB, Charles Konan Banny et Essy Amara à l’appel de Daoukro. Ce qui leur avait valu le qualificatif de ‘‘d’irréductibles’’ par Bédié. « Bédié me fait penser à cet homme qui après avoir traversé le fleuve brûle la pirogue. », avait-il imagé jeudi 26 janvier 2015 à l’hôtel ivoire lors de la première sortie des frondeurs de cette formation politique.

Faire peau neuve après avoir trempé sa barbichette dans la soupe du pouvoir Ouattara, le pari est risqué et les défis sont énormes pour le PDCI. Le parti de Bédié a bel et bien co-exercé ces deux mandats de Ouattara et ne peut aucunement se départir de son bilan. Que proposerait-il d’autre aux Ivoiriens ? Les réaménagements de Bédié ne constituent qu’un moyen de pression, une épée de Damoclès sur la tête de son allié, le RDR, en vue d’actionner les autres volets de l’appel de Daoukro, en l’occurrence, le parti unifié dénommé PDCI-RDR et l’alternance au pouvoir d’Etat en 2020 en faveur du PDCI. Une couleuvre que les Ivoiriens auront du mal à avaler après les promesses fallacieuses d’un régime réputé pour ses artifices communicationnels.

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