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Bombardement de Bouaké, la justice française convoque un mort

Bombardement de Bouaké, la justice française convoque un mort

L'affaire du bombardement de Bouaké est visiblement en train de tourner au ridicule. Le procureur de Paris vient de demander la comparution d'un accusé, pourtant décédé depuis deux ans, devant la Cour d'Assises.

Le 25 juin dernier, le parquet de Paris avait demandé la comparution de deux militaires ivoiriens et d'un mercenaire biélorusse devant la Cour d'Assises de Paris dans le cadre de l'affaire du bombardement de Bouaké. Alors que l'on s'attendait à une célérité dans ce dossier qui est en souffrance depuis près de quatorze années, pour qu'éclate enfin la vérité, une grosse méprise vient de se produire.

François Molins, procureur de Paris, a en effet demandé le renvoi de Patrice Ouei et Ange Gnanduillet, deux lieutenants de l’armée ivoirienne, ainsi que le Biélorusse Yury Sushkin devant la Cour d'Assises de Paris, pour assassinats, tentatives d’assassinat et destruction des biens d’autrui, avec circonstances aggravantes (en réunion et au préjudice d’une personne dépositaire de l’autorité publique)

Cependant, l'un des prévenus, notamment l'ex-capitaine de l'armée ivoirienne Ange Magloire Gnanduillet, présumé pilote de l'un des Sukhoï qui ont bombardé le cantonnement français de Bouaké, n'est plus de ce monde. L'ancien officier de l'armée de l'air ivoirienne est passé de vie à trépas il y a deux années. Son procès pénal devrait par conséquent prendre fin avec son décès.

Mais qu'est-ce qui a bien pu se passer pour que le parquet parisien convoque une personne décédée aux Assises ? Y'aurait-il eu un manquement dans la coopération judiciaire entre la France et la Côte d'Ivoire au point de commettre cette erreur judiciaire ? Quoi qu'il en soit, l'affaire du bombardement de Bouaké est loin d'avoir livré toutes ses péripéties.

Notons que le 6 novembre 2004, le Lycée français de Bouaké, lieu de cantonnement de l'opération militaire française Licorne dans le fief de la rébellion d'alors, était bombardé par l'armée ivoirienne lors de l'opération Dignité lancée par Laurent Gbagbo pour détruire les sites stratégiques de la rébellion, et ce, contre l'avis de l'ancien président français Jacques Chirac.

Neuf soldats français et un civil américain avaient été tués dans ce bombardement. Pourtant, l'ex-président ivoirien continue de clamer son innocence dans cette affaire classée jusque-là secret défense par les autorités françaises.

Rappelons à toutes fins utiles que l'ancien Premier ministre français Dominique de Villepin, l'ex-ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie et l'ancien ministre des Affaires étrangères Michel Barnier avaient également été cités dans cette affaire.



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