Politique

Après la déclaration du Cosim sur l'affaire Aguibou Touré/ Des imams réagissent

Après la déclaration du Cosim sur l'affaire Aguibou Touré/ Des imams réagissent

Peut-être, aurait-il mieux valu que le Conseil supérieur des imams (Cosim) ne fasse pas de déclaration sur la situation du ‘‘camarade’’ Aguibou Touré détenu en prison. Du moins, à en juger par les réactions très souvent contrariées des internautes sur les réseaux sociaux, relative à la sortie du Cosim.  

 

Les « Imams ont abandonné leur camarades (…) aujourd’hui c’est Aguibou, demain cela pourrait être l’un d’entre vous », lit-on de part et d’autres sur la toile. Mais si dans sa déclaration le Cosim ne demande pas la libération de l’imam Touré, cela ne signifie pas que les Imams ont tourné le dos à l’un des « leurs ». C’est ce que tente d’expliquer l’imam Dosso Mamadou, directeur général des établissements IQra, organisateur privé du Hadj.

« En tant qu’imam, j’appartiens à une organisation qui vient de donner son point de vue sur la situation. Je ne peux donc pas parler en son nom. Pour ce qui me concerne personnellement je ne dirai jamais un sermon, dans ma mosquée, sans que ma communauté n’en soit avisée. Tel que l’imam Aguibou Touré l’a fait, cela n’engage que sa seule responsabilité. Partant de là, je ne peux pas être solidaire de ce qu’il a fait. Mais pour un frère dans l’erreur, nous compatissons. J’ai une organisation qui vient de rendre visite à l’imam Aguibou en prison. Tout ça pour dire que les imams ne l’on pas abandonné», explique l’imam Mamadou Dosso. Qui ajoute : « Si quelqu’un est en faute, vous le défendez d’abord, ensuite vous appliquez la sanction qu’il faut ».

Dans ce sens, il ne croit pas que le Cosim ait abandonné le religieux. Il n’est pas le seul à le penser. « Il ne faut pas céder à la polémique. Il y a une enquête qui est en cours. Et nous ne sommes pas au-dessus de la loi. Il faut respecter la procédure judiciaire. Cela ne veut pas dire non plus que les imams n’en font pas assez pour Aguibou Touré. Bien que nous ne soyons pas d’accord avec ses propos, un avocat a été désigné pour s’assurer qu’il est bien traité », souligne Youssouf Konaté, l’imam à la base navale de Lokodjro. Un membre du secrétariat du Cosim qui souhaite garder l’anonymat ajoute qu’Aguibou Touré ne fait partie ni du Conseil des imams sunnite (Codis) ni du Cosim. Malgré tout le Cosim, selon lui, œuvre pour sa libération. « Le travail se fait discrètement. On ne peut pas tout dire sur la place publique », conclut le religieux.

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