Politique

Après avoir claqué la porte de la CEI: L'Abbé Bony Bony, un militant du FPI ?

Après avoir claqué la porte de la CEI: L'Abbé Bony Bony, un militant du FPI ?

Avant de coller au Clergé ivoirien l’attitude peu ‘’ catholique’’ de son représentant à la Commission Electorale Indépendante (CEI) de Côte d’Ivoire, l’Abbé Boni, il est de bon ton, comme le dirait l’autre, de se poser d’abord certaines questions. 

Tout en ayant à l’esprit que le choix de deux représentants religieux, un chrétien et un musulman, n’était pas fortuit. Les décideurs ont pensé que ces hommes de Dieu se mettraient au-dessus de la mêlée pour mieux guider leurs ‘’ brebis’’. Mais hélas ! Trois fois hélas, qu’il avait raison, celui qui a affirmer sans forcement vouloir s’attaquer à l’Eglise mais à certains qui l’animent : « L’habit ne fait pas le moine ». Le Clergé ivoirien connaissait-il assez bien l’Abbé Boni pour lui confier une telle responsabilité ? Savait-il que l’Abbé Boni n’avait pas encore réussi à quitter le monde terrestre pour être en phase avec les paroles divines qu’il n’a de cesse de prodiguer à ses ouailles ? L’Abbé Boni a-t-il su bien cacher son jeu à ses supérieurs hiérarchiques pour mériter leur confiance ? Il y a-t-il quelqu’un, en dehors de l’Eglise, que l’Abbé Boni suit et exécute les ordres ? Ou tout simplement, l’Eglise qui se veut partisane, a envoyé son curé le plus fougueux, le plus enclin aux actions théâtrales, pour défendre sa position ? Que Dieu fasse que la réponse à cette dernière interrogation soit la négative. Logiquement, la présence des religieux dans cette institution répond à une attente. Celle d’arrondir les angles et de prêcher la bonne parole, amener les politiques à utiliser le bon ton chaque fois que cela était nécessaire afin de réduire au maximum les antagonismes. C’était mal connaitre l’illustre Abbé inconnu qui voulait se faire connaitre. Alors, il choisi de prendre position dans les débats jusqu’à claquer la porte comme de simples politiciens, l’homme de Dieu. En fuyant ses responsabilités de guide religieux pour se draper dans le manteau du politique, l’illustre inconnu a-t-il bien mesuré les conséquences sociales de son geste ? Il est vrai qu’une hirondelle ne fait pas le printemps mais le geste irréfléchi d’un religieux peut déclencher une tempête sociale. Quand on sait que le second religieux, un musulman est resté, que ne dira-t-on pas ? C’est une affaire de musulmans contre chrétiens. Surtout quand on sait désormais que l’un des religieux  a décidé de s’aligner sur la position extrémiste de l’opposition, il peut y avoir péril en la demeure. Bien vrai qu’il n’y a pas longtemps, lors de la crise postélectorale, le clergé catholique, à travers son représentant suprême en la personne du cardinal Bernard Agré, paix à son âme, avait ouvertement pris position pour Laurent Gbagbo. C’est aussi vrai que, selon des rumeurs récurrentes à l’époque, ce clergé catholique a entretenu une rumeur selon laquelle, l’arrivée d’Alassane Ouattara au pouvoir,  signerait la mort de l’Eglise en Côte d’Ivoire. Il fallait tout mettre en œuvre pour qu’il n’y parvienne pas. C’est ainsi, l’on n’a pas observé ni senti un soutien franc de l’église catholique à Alassane Ouattara. Les évangélistes étant reconnus, à tort ou à raison, comme des soutiens fermes de Gbagbo et de sa femme. Et cela se démontrait bien par les séances de prière à la Présidence de la République et au domicile du couple présidentiel. Les années ont passé et beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. L’Eglise catholique se porte très bien en Côte d’Ivoire sous la gouvernance d’Alassane Ouattara. Le fait que l’Eglise par son représentant, claque la porte aux discussions et que le Conseil Supérieur des Imams en Côte d’Ivoire (COSIM), à travers le sien, reste sur place pour participer aux débats, montre clairement qu’au niveau de la mise en place de la CEI, les religieux (chrétiens et musulmans)  sont diamétralement opposés. Fasse Dieu, que cala ne s’étende pas à la société ivoirienne et que cet antagonisme demeure seulement au sein de la CEI. Sinon, ne soyons pas surpris que demain, l’on dise que dans la bataille pour les postes au sein de la CEI, l’Eglise a choisi un chrétien et le COSIM a choisi un musulman. De là à prophétiser une bataille religieuse à la CEI, la voie est toute trouvée. Avec cette réaction partisane du représentant du clergé, ne soyons pas non plus surpris de voir que les militants du RDR accusent l’Eglise de sympathie pour le FPI. Surtout qu’elle l’a démontré lors de la crise postélectorale. Vu sous cet angle, le danger ne viendra pas forcément des politiques mais des religieux. L’attitude du Clergé, non, du représentant du Clergé lors des débats à la CEI est sujette à de nombreuses interrogations. Ne soyons donc pas surpris que demain, le FPI ne surfe sur cette divergence de point de vue entre religieux au sein de la CEI, pour tenter encore de brûler la CI. Ce parti si fort dans la récupération et l’intoxication. Pour un feu de paille, le FPI verrait un incendie ravageur. Attention donc au choix des religieux. L’Abbé Boni a doublement fauté. Sachant bien qu’il est mandaté par des supérieurs hiérarchiques, ne sentant donc plus à l’aise dans la commission, il devait remonter vers ses mandants. Après leur avoir fait un rapport détaillé de la situation, leur demander son remplacement pour incompatibilité. Même s’il ne leur avoue pas que sa position interne de militant du FPI ne lui permet pas d’assister aux débats sans prendre position. Il ne l’a pas fait. Première faute administrative, bien que dans le monde des religieux. La seconde, c’est de s’être comporté comme un chiffonnier en claquant la porte de la haute institution. Ce claquage de porte éclabousse l’Eglise toute entière. Il fallait être le prêtre-militant en la personne de l’Abbé Boni, pour ne pas y penser. Son militantisme l’a perturbé jusqu’à oublier la soutane qu’il porte.

 

Khalil Ben Sory

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