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Amnistiée puis libérée : Simone Gbagbo n’est toujours pas tirée d’affaires

Amnistiée puis libérée : Simone Gbagbo n’est toujours pas tirée d’affaires

Malgré sa condamnation à 20 ans de prison pour atteinte à la sureté de l’Etat, Simone Gbagbo a été amnistiée puis libérée. Elle a regagné son domicile d’Abidjan, hier mercredi 8 août, accueillie par une foule heureuse de retrouver la Dame de fer. Seulement voilà, l’ex-première Dame Ivoirienne n’en a n’est pas encore tirée d’affaires. Des ONG de défense des droits de l’Homme, se sont levées pour dénoncer sa libération et la cour pénale internationale (CPI) n’a toujours pas dit son dernier mot. La juridiction internationale espère toujours juger Madame Gbagbo, pour crimes contre l’humanité.

Libérée depuis, ce mercredi 8 août, Simone Gbagbo était très heureuse de retrouver les siens. Après avoir été condamnée en 2015 à 20 ans de prison pour atteinte à la sûreté de l'Etat, et incarcérée depuis sept ans, elle a été amnistiée par le président Ouattara comme 800 autres personnes impliquées dans la crise postélectorale de 2011. Cette libération n’est pas perçue de la même manière par les ivoiriens.

D’un côté, des ONG de défense des droits de l’Homme, se sont levées pour dénoncer cette mesure prise par le pouvoir d’Abidjan. De l’autre, la Cour pénale internationale (CPI) n’a pas encore dit son dernier mot en ce qui concerne Simone Gbagbo. Elle compte toujours juger l’ex-première Dame de Côte d’Ivoire.

« La Cour s’attend à ce que le gouvernement de la Côte d’Ivoire s’acquitte de ses obligations en vertu du statut de Rome en exécutant le mandat d’arrêt contre madame Gbagbo et en la remettant donc à la CPI, parce qu’il faut respecter les obligations en vertu du droit international et parce que la justice pour les crimes qui ont été énumérés dans le statut de Rome, c’est un élément important pour parvenir à une paix durable », a déclaré Fadi El Abdallah de la CPI.

Quant à Antonin Rabecq, responsable adjoint au bureau Afrique de la Fédération internationale des droits de l'Homme. Il dénonce, avec d'autres ONG, une injustice dans cette décision. « Cette libération, c’est un geste de mépris pour les victimes, parce qu’il est évidemment trop facile de leur demander de pardonner après les crimes qui ont été commis. Je pense évidemment aux crimes commis à Yopougon ou Bobo, la répression des différentes manifestations. Il y a quand même des raisons de croire que Simone Gbagbo pourrait avoir été impliquée dans ces différents crimes. Et aujourd’hui, pour ces victimes, c’est une porte qui se referme », a-t-il déclaré.

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