Politique

Affi N’guessan-Benoit Hamon/ Deux socialistes un destin

Affi N’guessan-Benoit Hamon/ Deux socialistes un destin

9,29% pour l’un à la présidentielle ivoirienne en 2015 et 6,36% au premier tour de la présidentielle française de 2017 pour l’autre. En dépit de leurs cuisants échecs, Benoit Hamon président du parti socialiste français (PS) et Affi N’guessan, président du Front populaire ivoirien (FPI), croient toujours en eux et n’hésitent point à se lancer vers de nouveaux défis. Benoit Hamon-Affi N’guessan, deux socialistes aux destins étroitement liés.

Ils n’en ont pas l’étoffe

 

Deux contextes certes différents mais qui nécessitaient le rassemblement pour survivre. C’est là que ces deux hommes pèchent. Dans le contexte ivoirien, l’éviction du régime Gbagbo du pouvoir d’Etat en 2011 devait servir à Pascal Affi N’guessan, président du FPI, pour rameuter ses troupes. En Afrique, le chef, dit l’adage, a le dos large en référence aux coups que celui-ci doit accepter de recevoir sans en donner. Affi N’guessan ne s’inscrit point dans cette donne. Il a choisi de répondre à Laurent Akoun et autres détracteurs du tic au tac, embourbant le parti dans des bisbilles désormais au rang de dédales. Même son de cloche pour Benoit Hamon. Le vainqueur surprise de la primaire de la Gauche le 29 janvier 2017 a joué la carte de la glaive en lieu et place du rameau. Il a qualifié des figures de proue telles que Manuel Valls et Jean Yves Le Drian de ‘‘caciques qui veulent rester au pouvoir’’ qui lui ont donné des ‘‘coups de couteau dans le dos’’ et avec lesquels il ‘‘n’aurait pas gouverné’’.

 

Dissidence

Comme il fallait s’y attendre, une dissidence voit le jour lorsque le chef a du mal à endosser son costume. Les défections se multiplient au PS. Au FPI, une aile radicale nait. Celle-ci présidée par Sangaré Aboudrahamane baptisée à tort ou à raison Les Gbagbo ou rien (GOR). Et les deux tendances font le lit de Ouattara comme le PS et Les Républicains le font si bien pour Emmanuel Macron. Le camp Sangaré, à court d’idées car n’ayant pour projet de société que la libération de Gbagbo réussit tout de même à damer le pion à Affi N’guessan en termes de popularité et de légitimité. Crainte par le régime d’Abidjan, ses rassemblements et autres meetings sont des succès contrairement à Affi, chef de file de l’opposition désigné par le pouvoir d’Abidjan.

 

Le faux pas

Les erreurs, ils en ont multipliées. Le vainqueur surprise de la primaire de la Gauche le 29 janvier 2017 semble lui-même surpris de sa victoire si bien que l’étape suivante lui fout les jetons. Benoit Hamon dit être à la hauteur de cette tache tandis que son adversaire Emmanuel Macron répète comme un mantra qu’il est prêt à gouverner. Doublé par sa propre Gauche, Hamon fait les yeux doux à Jean Luc Mélenchon plus tôt de se focaliser sur ses électeurs. A trois semaines de la campagne, il ose parler d’un vote de Mélenchon si ce dernier est au second tour. Fair-Play ou naïveté ? A cela s’ajoute son programme que tous s’accordent à qualifier d’utopiste. Pour sa part, la volonté de tourner la page Gbagbo a suffi pour que Pascal Affi N’guessan soit vomi par les militants. Il est accusé de s’accoquiner avec le régime Ouattara. Le parti créé par l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, doit se "rénover" en se détachant de l’image de son fondateur qui constitue un "handicap" se convainc Affi N’guessan.

 

Présidentielles et législatives

La sanction tombe. 9,29% pour Affi N’guessan à la présidentielle ivoirienne en 2015 et 6,36% au premier tour de la présidentielle française de 2017 pour Benoit Hamon. Pour Affi N’guessan, devenu Monsieur 9% pour ses détracteurs, cela ne reflète nullement un signe démocratique. Sur 210 candidats aux législatives de 2016, Affi n’obtient que 3 sièges. Quant à Hamon, après son cuisant échec au premier tour de la présidentielle, il bute à nouveau au premier tour des législatives avec 22,59% de voix. L’ex-député de la 11ème circonscription des Yvelines (Trappes Elancourt) n’a pas encore retrouvé la lucidité qu’il annonce un vaste mouvement de Gauche le 1er juillet à Paris pour une recomposition du Parti socialiste.

Commentaires