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Affaire Khashoggi: Donald Trump ne veut pas brusquer Riyad

Affaire Khashoggi: Donald Trump ne veut pas brusquer Riyad

Si le président américain dit ne pas encore être satisfait par les explications qui ont été apportées jusqu’à présent sur la mort du journaliste Jamal Khashoggi au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, il s’est prononcé contre la suspension d’importants contrats signés avec le royaume.  

 

Ce n’est pas seulement que l’Arabie saoudite est, avec Israël, l’allié stratégique des Américains au Moyen Orient, Donald Trump a aussi fait ses comptes.

 

Enonçant des chiffres encore plus importants que les jours précédents, il évoque un million d’emplois générés par 450 milliards de dollars de contrats avec Riyad. Rien que les commandes militaires équivaudraient à 110 milliards.

 

« Ce n'est pas constructif pour nous d'annuler une commande comme celle-là, a déclaré le président américain. Cela nous ferait beaucoup plus de mal qu'à eux. Pour l'équipement militaire, ils peuvent se tourner vers la Chine, ils peuvent se tourner vers la Russie, même s'ils n'ont pas un aussi bon matériel que nous - personne n'en a. Ils peuvent acheter leur matériel ailleurs. Mais il y a d’autres mesures qui peuvent être prises, y compris des sanctions. »

 

Entre le marteau et l'enclume

 

La crise née de la disparition de Jamal Khashoggi ébranle le président américain, plus prudent qu’à l’accoutumée. Car Trump est pris entre le marteau et l’enclume.

 

On sent qu’il ne veut pas froisser son allié Mohammed Ben Salmane, prince héritier soupçonné d’être impliqué dans l’opération (lire encadré), mais il doit aussi faire face à de nombreux élus de son camp.

 

Certains ont eu accès à des éléments de l’enquête menée par les services de renseignements américains et le pressent d’afficher davantage de fermeté. Comme avec la Russie, le Congrès pourrait ainsi prendre ses responsabilités, puisqu’il a le pouvoir de bloquer des ventes d’arme ou d’imposer des sanctions.

 

 « Moralement, le prince Salman a perdu »

 

Il aura fallu 17 jours à Riyad pour confirmer la mort de Jamal Khashoggi et d'admettre que le journaliste saoudien a bien été tué à l'intérieur du consulat du royaume à Istanbul. Cette affaire, qui a eu un retentissement mondial, risque de porter un coup fatal au prince héritier Mohammed ben Salman, comme l'estime Marzoq Alotaibi, spécialiste de l'Arabie saoudite.

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