Politique

"Personne ne veut que la situation s'envenime au Mali"

En tête au premier tour de la présidentielle malienne, le sortant, Ibrahim Boubacar Keïta, est le favori pour le second.

Proclamés jeudi soir, les résultats du premier tour de la présidentielle au Mali font du sortant Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) le favori du second, prévu le 12 août. Retour sur les enjeux de cette élection Yvan Guichaoua, enseignant-chercheur à la Brussels School of International Studies (université de Kent) et spécialiste du Sahel. 

Les scores de 39,79% du sortant IBK et de 19,70% de son principal opposant, Soumaïla Cissé, donnent à ce premier tour des allures de remake... 

Yvan Guichaoua : Oui, mais le contexte est complètement différent. En 2013, il y avait une forte aspiration à un retour à la vie démocratique. Là, il y a beaucoup moins d'enthousiasme, pour tous les candidats. Le climat est plombé par la guerre. L'opposition ne peut d'ailleurs pas trop se permettre de contester les résultats et risquer d'être accusée de contribuer à la détérioration du climat politique. Personne n'a envie que la situation s'envenime, ce qui donne plus de marge de manoeuvre au candidat sortant. Mais, durant l'entre-deux tours, l'opposition a montré les dents, sans doute par peur qu'IBK passe dès le premier tour. 

Certains opposants ont dénoncé des fraudes... 

Lors du scrutin lui-même, il y a eu des irrégularités. L'opposition a dénoncé ces cas, à plusieurs niveaux, évoquant par exemple des soupçons de corruption de membres de la commission électorale. Sur le scrutin lui-même, autant on peut identifier des cas où les chiffres paraissent étonnants, autant il est difficile de conclure sur l'impact que ces irrégularités ont pu avoir. 

 

lexpress.fr

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