Politique

«Il faut redéfinir la voie africaine de la démocratisation» (Aïchatou Mindaoudou)

«Il faut redéfinir la voie africaine de la démocratisation» (Aïchatou Mindaoudou)

Aïchatou Mindaoudou, Président-Directeur général (PDG) du bureau d’études IPITI Consulting, a confié à APA, mercredi, à l’issue du colloque sur le partenariat Chine-Afrique, qu’il faut « redéfinir la voie africaine de la démocratisation ».

Pour Aïchatou Mindaoudou qui ambitionne avec IPITIC  « d’intervenir partout sur toutes les questions fondamentales de développement », du continent, il faut « réfléchir sur la pertinence de la démocratisation » en Afrique.

« Quand vous regardez toutes les données, tous les chiffres, avant la démocratisation, l’Afrique était à un niveau et aujourd’hui avec la démocratisation, tout est tombé. Il faut qu’on réfléchisse pour redéfinir la voie africaine de la démocratisation », indique l’ex-patronne de l’Opération des nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI).

L’ex-diplomate nigérienne dont le cabinet n’a que quelques mois d’existence voit grand.

« Avec IPITIC, nous avons pour objectifs l’accompagnement des Etats, des organisations internationales, des ONG et des entreprises privées dans la conception, la mise en œuvre ainsi que le suivi-évaluation de leurs stratégies, politiques, programmes et projets », explique la Présidente d’IPITIC.

En Afrique, a soutenu Mme Mindaoudou, « on ne s’assoie pas pour évaluer son parcours, pour voir  ce qui n’a pas marché et  ce qui a marché. On fait toujours les mêmes choses sans s’asseoir pour réfléchir », fait-elle remarquer.

Outre les questions économiques et financières des pays africains, « la démocratisation » des états du continent est une « réelle préoccupation » pour  l’ancienne ministre des Affaires étrangères du Niger, plusieurs fois négociatrice dans des conflits ouest-africains.

« C’est une réflexion qui mérite qu’on y accorde une importance. Nous allons approfondir la question et proposer quelque chose comme nous venons de le faire avec l’Ambassade de la Chine sur le partenariat Afrique-Chine », promet-elle.

Concernant ce colloque, Aïchatou Mindaoudou retient qu’il est « possible d’approfondir la coopération actuelle qui existe entre l’Afrique et la Chine ».

Le colloque d’Abidjan sur le partenariat Chine-Afrique a relevé, poursuit-elle, « les risques qui sont liés à l’investissement aussi bien en Afrique qu’en Chine ».

« Ces risques sont des risques humains (tout ce qui concerne la corruption et le comportement plus ou moins actif dans la rétention et dans le refus de poser des actes qui vont dans le sens de ce que requiert la loi). Il y a également des risques légaux et juridiques  malgré la présence dans nos codes d’investissement, beaucoup de clauses de stabilisation et d’intangibilité», soutient la PDG d’IPITIC.

 Selon elle, « une chose est d’écrire la loi et de la figer dans une convention avec les entreprises étrangères et une autre chose est de l’appliquer ». Il y a  donc « le défi de l’application des lois et des règlements », ajoute Aïchatou Mindaoudou.

« Naturellement, il y a le risque sécuritaire dont nous avons parlé et qu’on ne peut plus occulter (…). Mais on s’est rendu compte qu’on gâte seulement le nom de l’Afrique car dans d’autres pays, ces risques existent  et les investisseurs y vont quand même. Et nous avons fait le constat que ces risques n’ont pas diminué de façon conséquente les investissements chinois », conclut Mme Mindaoudou.

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