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«Blue whale challenge» / Ce très dangereux défi de la baleine bleue qui pousse les ados au suicide

«Blue whale challenge» / Ce très dangereux défi de la baleine bleue qui pousse les ados au suicide

Le « blue whale challenge », ou « défi de la baleine bleue », jeu morbide en vogue sur les réseaux sociaux, inquiète les autorités. Les parents sont appelés à la plus grande vigilance.

Le « blue whale challenge » est un défis qui incite les jeunes à des actes violent. Il serait à l’origine de 130 suicides en Russie, où il a vu le jour, et d’au moins une tentative de pendaison en France, dans le Pas-de-Calais, ou quatre adolescentes ont été signalées en danger. Le « blue whale challenge » – en français, le « défi de la baleine bleue » – est dans le collimateur des autorités, et de l’Éducation nationale, qui prend l’affaire très au sérieux. En Picardie, aucun signalement « sérieux », n’a été fait à ce jour. « Mais la vigilance est de mise, et tous les personnels, ainsi que les parents d’élèves ont été sensibilisés », assure le rectorat. Ce « jeu », aussi absurde que dangereux, tire son nom d’une légende selon laquelle le cétacé serait capable de se suicider en s’échouant volontairement sur une plage. Il comporte cinquante défis. Certains semblent à première vue inoffensifs, comme « Écris un mot sur ta main », « Parle avec une baleine », « Dessine une baleine sur une feuille ». Les autres, sont beaucoup plus sinistres : se réveiller en pleine nuit pour écouter des musiques tristes, regarder des vidéos prônant le suicide, se scarifier, ne plus parler à personne, monter sur une grue, se frapper, se couper les lèvres, puis, ultime étape : se donner la mort. « C’est complètement débile, s’offusque Léa, élève de quatrième au collège Amiral Lejeune, dans le centre-ville d’Amiens. La jeune collégienne assure que personne de son entourage ne s’adonne à ce jeu macabre. « Mais tout le monde en a entendu parler, poursuit Léa. J’ai vu des vidéos sur Youtube de jeunes qui se dessinent des baleines sur le bras, j’ai du mal à comprendre, surtout si ça va jusqu’au suicide. » À l’heure de la sortie des cours, ce jeudi midi, les autres adolescents rencontrés font mine de ne rien savoir. Absorbés par le contenu de leur smartphone, c’est tout juste s’ils relèvent la tête pour répondre. « Ché pas m’sieur. » Dans les rangs de l’Éducation nationale, le phénomène est en revanche observé avec attention. « C’est une problématique que nous suivons de près, comme toutes celles qui risquent de mettre en danger les élèves », résume Jean-Roger Ribaud, adjoint de l’inspecteur d’académie de l’Oise. Dans les trois départements picards, les responsables des services médicaux et sociaux de chaque établissement ont été sensibilisés afin de détecter d’éventuelles victimes. « C’est indispensable, mais c’est aussi une mission quasi impossible, relève cet infirmier scolaire d’un collège de l’Aisne. Il est très difficile de déceler le simple mal-être d’un adolescent ou de repérer une dépendance à un jeu comme celui-ci. » Sur les réseaux sociaux, la riposte s’organise en tout cas. Sur Facebook, notamment, de nombreux groupes « anti-blue whale challenge » ont fait leur apparition afin de prémunir les adolescents de ce « jeu » morbide. Des internautes ont même décidé de contrer ce challenge en créant une nouvelle série de défis : le « pink whale challenge » (défi de la baleine rose). Ce jeu se déroule en plusieurs jours et a pour but de mettre en avant la générosité, l’amour et le bonheur. La vie en rose, c’est quand même beaucoup mieux. FABRICE JULIEN «Nous avons des remontées d’inquiétude» Dans l’Oise, le département picard qui compte le plus de collèges, avez-vous été confronté à cet inquiétant phénomène du « blue whale challenge » ? Nous avons eu de nombreuses remontées d’inquiétude et nous sommes extrêmement vigilants quand à ce danger potentiel. Nous avons notamment des signalements de collégiens qui s’adonnent à la scarification, qui constitue l’un des défis de ce challenge, mais rien ne permet néanmoins d’établir à cette heure un lien direct avec le phénomène. Le développement des réseaux sociaux constitue-t-il un danger au sein de l’école pour ces populations naturellement immatures ? Tous les jeux dangereux sont un poison pour l’école. La communauté éducative se doit d’être vigilante sur ce sujet, tout comme les parents. Ce qui est vrai en matière d’éducation l’est aussi pour ce genre de phénomène, la responsabilité doit être partagée. Quel conseil donneriez-vous aux parents face à ce risque ? De communiquer, avant tout. D’en parler avec leurs enfants, avec la communauté éducative, les infirmiers scolaires, les acteurs sociaux. Ce que nous constatons parfois, c’est que les élèves victimes de ces phénomènes sont parfois victimes de harcèlement, et qu’ils trouvent dans ces jeux une forme de communauté dans laquelle ils arrivent à exister. Mais il n’y pas de règle et il convient de rester prudent, chaque cas est particulier. Autre source
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