Insolite

Daoukro: Les instituteurs fuient un village à cause d’« attaques mystiques »

Daoukro: Les instituteurs fuient un village à cause d’« attaques mystiques »

Les instituteurs de l’école primaire de Domilanssou, village de la sous-préfecture de Ouéllé (département de Daoukro, Centre-est), ont abandonné leurs postes, fuyant des « attaques mystiques » marquée par des découvertes d’excréments humains dans des classes, suite auxquels trois enseignants auraient été atteints de démence.

« C’est depuis l’année scolaire 2013-2014 que nous avons constaté la présence d’un esprit maléfique dans l’établissement. Cet esprit se manifeste chaque fois à  la suite de la découverte d’excréments humains dans les salles de classe. On dénombre aujourd’hui trois victimes », a récemment confié à l’AIP, l’inspecteur de l’enseignement préscolaire et primaire de Ouéllé, Vanie Bi Goré Michel.

Les victimes de ce phénomène sont Zaouli-Tah Lou Tah Geneviève en 2013 -2014, Konan Yao JeanBaptiste en 2014-2015 et Edy Logba Blandine en 2015-2016, a énuméré M. Goré.

D’après des certificats médicaux attribués à ces derniers que l’AIP a pu consulter, ils présentent tous les mêmes symptômes, à savoir la « perte des facultés mentales » suivie de troubles psychiques.

Selon les responsables du comité de gestion de l’école, les personnes à la base de cette pratique mettent les excréments dans des sachets avant de les glisser dans les tiroirs des bureaux des maîtres. Une fois l’odeur du déchet inhalée par l’enseignant, ce dernier est « envouté par un esprit» qui lui fait perdre la tête.

Les autres instituteurs ayant échappé à ce phénomène refusent de retourner à leurs postes, déplorent les acteurs locaux de l’école, qui peinent à y trouver une solution.

En attendant, les enfants de Domilanssou sont obligés de marcher des kilomètres pour suivre les cours dans un village voisin.

Ce phénomène refait surface dans la région, plusieurs années après sa dernière manifestation notamment dans les villages de Krinjabo, Ettrokro, et Ouéllé, et Prikro. Pour ces cas, les chefferies et les populations locales s’étaient vite saisies du problème, en organisant des cérémonies rituelles qui y avaient mis fin.

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