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« Pâques » et « Paquinou », quand la coïncidence se mêle aux événements

« Pâques » et « Paquinou », quand la coïncidence se mêle aux événements

La période de Pâques est un temps important pour les chrétiens du monde entier. Cependant, à côté des chrétiens, quand on parle de Pâques en Côte d’Ivoire, les regards se portent sur le peuple Baoulé. Le groupe ethnique, originaire du centre du pays, semble s’être approprié cette fête. Chaque année quand vient Pâques, c’est l’effervescence qui règne chez les Baoulé, à telle enseigne que la période a été rebaptisée en “Paquinou’’. Simple coïncidence ou usurpation d’une fête chrétienne ?

 Pâques, la plus importante fête chrétienne
 
La fête de Pâques est la fête la plus importante du christianisme. Elle commémore en effet, la résurrection du « Christ », Jésus, que le Nouveau Testament situe le surlendemain de la Passion et de la crucifixion. Cette fête correspond dans la tradition juive à la commémoration du passage de la mer rouge par le peuple hébreu à leur sortie d’Égypte. Le terme de Pessa'h renverrait à la notion de passage en hébreu, et traduit ainsi une double dimension du passage, celui d'une terre d'exil vers la terre promise, ainsi que le passage de l'esclavage à la liberté pour le peuple hébreu (qui subissait l’esclavage en Égypte). L’un des symboles les plus importants dans la célébration de la Pâques, c’est le témoignage d’un « passage » de la mort à la vie « éternelle » pour ceux qui auront crus. Le passage des ténèbres à la lumière, de l'ancienne à la nouvelle alliance par la mort et la résurrection du Christ. Pâques, c’est donc le rappel de la mort et de la résurrection de Jésus précédé de la « cène », le dernier repas de Jésus avec ses apôtres avant son arrestation et sa crucifixion. La Pâques marque définitivement la fin du carême, elle donne donc lieu à un repas festif et riche. Les chrétiens se réunissent, chantent des louanges, partagent des repas dans la joie. Marquant là encore le retour de la vie et de l'abondance, lesquelles triomphes inexorablement de la mort, tant sur le plan symbolique que spirituel.
 
Paquinou, grande période de retrouvailles des Baoulé
 
Quant à “Paquinou’’, selon les informations recueillies auprès de patriarches Baoulé, c’est une période propice au retour au village, aux retrouvailles pour les fils partis loin, dans d'autres contrées pour travailler dans les plantations de café cacao, étudier dans les grandes villes, les femmes parties en mariage etc. Cette période qui coincide avec la celle de la fête chrétienne est également mise à profit pour la prise de grandes décisions, de réunions de familles pour le développement de la région. A ces moments-là, les planteurs et autres travailleurs, eux aussi, recrutent des filles de ménage ou des manœuvres. L’organisation de funérailles ou la célébration de l’anniversaire de personnes disparues est également une des raisons de la course du peuple akan, particulièrement des baoulé vers les villages et campements. “Paquinou’’, c’est aussi le meilleur moment pour mettre à nu et sans retenue, les problèmes du village afin de trouver des solutions idoines aux problèmes de la région ou même rencontrer l’âme sœur. Des liens d’amitié sont aussi tissés, les jeunes et les bras valides s’adonnent aux travaux champêtres vus que les parents restés au village sont vieillissants. Ce sont là quelques-unes des raisons de l’engouement au niveau des Baoulé. Jusqu’à aujourd’hui encore, cette tradition perdure. Et “Paquinou’’ rime avec réjouissance, rires, danses mais aussi avec l’alcool et le sexe… Pâques et Paquinou sont à n’en point douter des moments importants, chacun pour ce qu’il représente, commémoration ou retrouvailles, qui finalement se superposent dans le temps.
Une coïncidence qui n’est pas faite pour déplaire aux chrétiens du centre...
 
 
 
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