Fait Divers

Mort Brice Siesson/La vérité selon Méambly : « J’assume… »

Mort Brice Siesson/La vérité selon Méambly : « J’assume… »

Evariste Méambly s'est livré à un exercice pour le moins périlleux ce lundi, pendant près de  trois (3) heures. Face aux journalistes réunis au siège du quotidien L'intelligent d'Abidjan, le députe cité et même accusé dans l'histoire relative à la mort en fin de mois dernier du jeune Brice Siesson, a livré sa part de vérité.

 

 

Avant tout propos sur le sujet, le représentant de la région du Guémon a demandé une minute de silence (qui n’aura finalement duré que quelques secondes) à la mémoire du jeune Brice.

Pour le député et président de conseil régional, il faut remettre les choses dans leur contexte : « Je suis président de région et j'assume tout ce qui arrive dans le Guémon et à un fils de la région mais il faut bien fixer les responsabilités ».

 

Les circonstances du décès

Revenant sur les circonstances de l'agression du jeune de 20 ans qui a trouvé la mort des suites de blessures par balle, M. Méambly « très peiné et attristé », a donné sa version des faits.

Le jeudi 22 février 2018, 10h50, à Cocody Ambassade, un cortège de 25 véhicules quitte le domicile du député Méambly. Destination Facobly avec escale à Yopougon « pour récupérer le reste de l’équipe ».

A peine la file de voitures s’est-elle mise en route qu'une déflagration retentit. Le "train" s'immobilise. Le député et sa garde voient le chauffeur du véhicule de tête descendre affolé. Quelle ne fut leur surprise de constater que dans ledit véhicule de sécurité, entre 2 hommes en armes, un "civil" atteint par balle, Brice, se tord de douleur et perd du sang.

Evariste Méambly lui demande ce qu'il fait là. « Pardon papa, pardon papa », lui rétorque le jeune homme aux dires du business man.

Tenu par des impératifs (activités politiques à Facobly), il confie le blessé à une équipe menée par son directeur de protocole.

 

Le périple médical

Brice Siesson est alors conduit aux urgences du CHU de Cocody comme en témoigne la fiche d’admission et le reçu de paiement présenté au cours de la conférence de presse.

 

Du CHU de Cocody commence à 13h27, heure figurant sur le ticket émis sur place, un périple qui mènera la cohorte, en ambulance médicalisée, successivement à l'institut de cardiologie dans l'enceinte du CHU de Treichville (17h 24), aux urgences du service de chirurgie digestive toujours dans le même établissement (17h45) puis à la clinique Farah de Marcory citée comme meilleur centre de santé de la place (admission à 20h35). Là-bas, la somme de 1 500 000fcfa est déboursée à titre de caution. Brice subit même une intervention chirurgicale, à l'issue de laquelle il est hospitalisé le temps de se rétablir. Brice est encore vivant. Il rendra malheureusement l’âme le 26 février à 8h.

Dans le même temps, ce même jeudi 22 février, le député déclare avoir informé l’oncle de la victime, M. SODIE Mesmin, à qui il dit avoir remis à Bangolo quatre jours plus tard sa participation. L’Honorable avoue également avoir porté plainte à la fois contre son équipe (chef de cabinet, directeur de protocole, chef de sécurité...) qui a manqué de vigilance mais aussi contre le jeune Siesson qui « a réussi à s'infiltrer dans le véhicule de sécurité » et contre le tireur, le sergent-chef de marine Kpao Parfait, « un inconnu » qui a lui aussi pu filer entre les mailles du service de sécurité de l’homme politique.

 

Les intrus

 

Pour justifier la présence inopportune des intrus qui sont finalement à l’origine de l’un des plus gros scandales de l’année, le député explique qu’ils étaient sûrement venus pour « un gombo qui s’est révélé bien trop glissant ». Ils pensaient pouvoir se faire un peu d’argent en se mêlant à l’entourage de l’homme public, explique-t-il, car il a l’habitude de gratifier d’un pécule toutes ces petites mains ouvrières qui l’accompagnent pour les grandes occasions.

 

Poursuivant, Evariste Méambly révèle que le marin est actuellement aux mains de la police criminelle. Il a été incarcéré le jeudi 8 mars dernier.

 

 

Crime rituel ?

 

L’autopsie de Brice Yehi Siesson a eu lieu à la même date, poursuit le chef d’entreprise, qui indique que son représentant, le procureur de la République Adou Christophe, deux médecins légistes, le père de l’enfant qui s’est finalement fait représenter dans la salle par un de ses frères, le commissaire Elloh de la police criminelle et les photographes de la police étaient présents.

« Contrairement à ce que certains ont voulu faire croire, tous les organes de l’enfant étaient en place », a avec une joie non dissimulée scandé le premier responsable de la région du Guémon. Il entendait ainsi donner une cinglante réponse à ses détracteurs qui l’accusaient de crimes rituels.

« Quand Parfait Gohourou, le porte-parole de l’armée, a été tué au domicile de Gbagbo, quand Désiré Tagro avec son drapeau blanc a été tué chez Gbagbo Laurent, c’était aussi des crimes rituels pour maintenir son pouvoir chancelant ? », a questionné avec rhétorique M. Méambly qui dit avoir la conscience tranquille.

 

 

Méambly victime ?

 

Autre révélation de ce lundi, le défunt « n’a jamais été élève de l’académie régionale des sciences et techniques de la mer (ARSTM) », vérification faite auprès de la direction de l’établissement par le camp Méambly.

Sa scolarité pour 2 ans a pourtant été entièrement soldée par le député, depuis 2015 et sur insistance de l’un de ses oncles, « Farras », qui est d’ailleurs en charge de la supervision des projets d’Evariste Méambly à Facobly.

 

 

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