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Leur avenir s'annonçait radieux: ce n'étaient que mensonges et falsifications

Leur avenir s'annonçait radieux: ce n'étaient que mensonges et falsifications

Durant six ans de relation, Yves P. a menti à sa compagne, lui faisant croire que tout allait bien et que leur avenir s'annonçait radieux. En réalité, le jeune trentenaire, sans emploi et sans aucune forme de revenus, a trompé la mère de son futur enfant en falsifiant de nombreux documents.

K. était la vraie princesse à l'occasion d'un voyage à Disneyland Paris le 3 juin 2017 avec quelques copines. Et pour cause, la jeune femme de 29 ans devait épouser son prince charmant Yves P. le 22 juillet. Le couple, ensemble depuis six ans, attendait son premier enfant. Les futurs mariés venaient en outre de signer un compromis pour une villa de 545.000 euros à Kapellen. 

Mais à l'entrée du parc d'attractions, la jeune femme se voit refuser l'entrée. On lui signifie que les documents de réservation et le voucher ont été falsifiés. K. ne soupçonne pas une seconde son compagnon et pense avoir été arnaquée par l'agence de voyages. K. et ses copines ont donc payé elles-mêmes leur séjour au royaume de Mickey.

"Yves P.? Il n'a jamais travaillé ici"
De retour en Belgique, la jeune femme se rend à l'agence de voyages pour demander des explications. Là, on lui explique qu'il n'y a jamais eu aucune réservation à son nom. Son incompréhension est totale. Quelques jours plus tard, K. se rend cette fois à la banque pour finaliser un prêt hypothécaire de 250.000 euros. Son compagnon lui avait remis ses contrats de travail ainsi que ses relevés de compte. "Tous ces documents ont été falsifiés", lui annonce-t-on. K. contacte alors l'ASBL où Yves. P affirme travailler pour qu'ils fournissent une preuve du contrat de travail. Mais là aussi, c'est la consternation: "Qui cherchez-vous? 'Yves P.'? Il n'a jamais travaillé ici", lui répond-on au bout du fil. Le pot aux roses découvert, la jeune femme porte plainte contre l'homme qui l'a manipulée tant d'années.

Lors du procès qui vient d'avoir lieu au tribunal d'Anvers, l'avocat de la victime a souligné le désarroi de la jeune femme et le sentiment d'imposture qui la hante désormais. "Le couple était ensemble depuis six ans. Chaque matin, Yves P. partait 'au travail'. Le couple alait se marier. La salle, la robe de mariée, le photographe, tout était déjà réservé. Ils avaient signé un compromis pour une maison et ils attendaient une petite fille. L'avenir s'annonçait magnifique", a-t-il expliqué devant les juges.

Tissu de mensonges
Un avenir pourtant bel et bien basé sur un tissu de mensonges. En effet, Yves P. a mené sa femme en bateau sur bien des sujets. Au lieu de lui avouer qu'il n'avait pas de travail, il a notamment produit un faux faire-part de naissance pour expliquer pourquoi leur prêt hypothécaire leur avait été refusé. Le directeur de la banque venait de devenir père, a-t-il fait croire à sa compagne. Ce congé de paternité expliquait selon lui pourquoi le banquier n'avait pas pu approuver leur dossier.

La victime K. a présenté pas moins de vingt documents contrefaits que son partenaire prétendait avoir reçus de la banque, d'employeurs, d'agences de voyages, de la police ou de la commune. Même la réservation pour leur lune de miel aux Maldives était fausse.

Pas de diplôme, pas de travail, pas d'argent
Désormais traité par un psychiatre, Yves P. a avoué au juge qu'il avait falsifié tous ces documents. "Quand j'ai rencontré Mme K. en 2011, je vivais avec un héritage de 200.000 euros de ma grand-mère. Nous ne manquions jamais de rien. Puis, tout mon héritage a fondu et je ne pouvais plus payer les factures. Mais je n'osais pas dire à K. que je n'avais pas de travail, que je n'avais jamais obtenu mon diplôme et que je n'avais aucune forme de revenus. C'est à ce moment que j'ai commencé à falsifier des documents."

Mais ces explications de "mensonges par amour" n'ont pas suffi au juge anversois, qui a estimé qu'il n'était qu'un menteur invétéré et un profiteur. Pour preuve, Yves P. avait même subtilisé l'ordinateur portable de sa compagne en lui affirmant que son ordinateur professionnel était cassé et que son employeur l'indemniserait à hauteur de 150 euros par mois pour l'utilisation de ce portable privé. Mais après quelques temps, K. avait réclamé son appareil. "Impossible, mon patron refuse de me le rendre, j'ai même déposé plainte contre lui", avait-il juré à sa fiancée. Et pour appuyer ses dires... il lui avait présenté un procès verbal dressé sur du papier à en-tête de la police. Faux, évidemment. Pire, l'année suivante, l'accusé a escroqué sa propre mère et lui a extorqué de l'argent avant de la maltraiter. 

Etant donné son casier judiciaire vierge, Yves P. n'a été condamné qu'à 100 heures de travaux d'intérêt général. Son ex-compagne a reçu une indemnité provisionnelle de 1.000 euros. Un montant qui pourrait augmenter en cas de frais liés à l'annulation du mariage ou à la rupture du compromis de vente pour la villa à Kapellen.

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