Fait Divers

Cinq fautes de français à éviter au quotidien

Cinq fautes de français à éviter au quotidien

Elles sont coriaces pour ne pas dire inévitables. Les erreurs et coquilles se glissent dans nos conversations comme des anguilles sous les roches. Le Figaro revient sur cinq d'entre elles grâce au précieux ouvrage Les 300 plus belles fautes... à ne pas faire et autres extravagances à éviter, d'Alfred Gilder.

 

Tous ceux qui la parlent l'habitent, l'aménagent et, a fortiori, peuvent la mettre en désordre. Pas besoin en effet d'être architecte pour constater les erreurs de plans -ou ici de règles- qui se glissent chaque jour dans la grande maison de la langue française. Ce ne sont peut-être que des «s» ou des fautes de liaison, mais elles ont à chaque fois le don de nous discréditer à l'oral comme à l'écrit.

Idem pour les expressions du quotidien. Quand faut-il plutôt écrire «tout à coup» que «tout d'un coup»? «de suite» que «tout de suite»? Qu'en est-il par ailleurs de la formule «d'ici demain»? Est-elle correcte? Rien n'est moins sûr. Le Figaro revient sur cinq fautes de français.

● Au final

Au final par ici, au final par là. La fin est décidément partout. Il n'est même pas temps de commencer un début de phrase, que le final l'a en effet déjà évacué. Tendez plutôt l'oreille. «Il n'était pas si mal ce film, au final», «je dirais au final que...», «au final, tu n'es pas si timide». La formule est devenue légion. Alors que lui reproche-t-on exactement? Son mauvais calque de l'anglais «finally»? sa traduction familière du latin soutenu in fine? Non pas! En réalité, c'est la substantivation de l'expression qui pose question.

Le mot «final» ainsi que le rappelle l'Académie française, est un adjectif. Or, ici dans l'expression «au final», il est question d'un substantif. Une construction incorrecte, et doublement fautive, si écrite avec un «e» final. Que faire alors? Préférer les formules: «finalement», «pour finir», «en somme», «à la fin», etc.

● D'ici demain

Pourquoi faudrait-il se presser de vivre demain, alors que nous n'avons pas encore fini de vivre aujourd'hui? C'est la question que l'on peut se poser en regardant la locution «d'ici demain». En effet, le substantif «demain» se raccroche au «ici», et donc le maintenant. Un présent futuriste, pour le moins étrange.

La formule correcte note le Trésor de la langue française est «d'ici à demain». Elle signifie: «À compter de l'instant présent jusqu'au lendemain.» On pourra, si l'on craint d'oublier cette règle, remplacer la locution par «le jour suivant».

● Tout à coup, tout d'un coup

Les contes de fées ont sûrement leur part de responsabilité dans notre confusion des locutions. Que faut-il dire lorsqu'il se produit un événement soudain? et que faut-il préférer lorsqu'un événement se déroule «en même temps» qu'un autre? Pas simple. Heureusement pour nous, Alfred Gilder a planché sur le sujet dans son livre Les 300 plus belles fautes... à ne pas faire et autres extravagances à éviter, (Omnibus).

«Tout d'un coup», rappelle l'auteur, signifie «en une seule fois, en même temps». On l'emploiera pour décrire une action qui se déroule en un instant, «d'un trait». Exemple: «Il engloutit tout d'un coup son flan.»

«Tout à coup», s'utilise pour marquer un fait soudain. Il est l'événement déclencheur, celui qui annonce l'irruption d'une nouvelle intrigue. Exemple: «Je mangeais un gâteau quand tout à coup, une main se posa sur mon épaule.»

● Mis à jour, au jour

Depuis qu'Internet a investi nos vies, ce dernier a -et ce n'est un secret pour personne- bouleversé nos usages et a fortiori, notre lexique. «Mail», «forwarder», «surfer», «bug»... Les mots et expressions de l'informatique sont partout. Quitte parfois à s'exporter, à tort, dans nos locutions du quotidien. C'est le cas avec «mis au jour».

«Mise à jour» signifie «actualiser» ce qui datait pour améliorer l'efficacité d'un logiciel, d'un téléphone ou d'un ordinateur. Il n'a rien à voir avec la formule «mis au jour». Cette dernière s'emploie comme le synonyme des verbes «déterrer», «exhumer» ou «divulguer».

● Tout de suite, de suite

Agir dans l'immédiat n'est jamais chose simple. A fortiori à l'oral quand le précis de grammaire est hors de portée de main. Alors, que répondre à notre interlocuteur qui nous a dit de venir «de suite»? Tout de suite? Pas sûr. Ainsi que le note l'écrivain Alfred Gilder, les deux expressions n'ont aucun rapport.

«De suite», écrit-il, signifie «l'un après l'autre, «sans interruption». On l'emploiera ainsi volontiers «quand notre sympathique bignole passera l'aspirateur dans l'entrée et dans l'escalier». En revanche, on emploiera bien la locution «tout de suite» lorsque l'on voudra signifier à notre interlocuteur d'agir «sur-le-champ».

Commentaires