Fait Divers

2 villages de Kouto s'affrontent à l'arme à feu et à la machette, des morts

2 villages de Kouto s'affrontent à l'arme à feu et à la machette, des morts

Scène de guerre dans la Bagoué avec des morts, des blessés et des déplacés. Ce dimanche 24 juin 2018, deux villages de cette région du district des savanes se sont affronté à l'arme à feu et à la machette, pendant plusieurs heures.

Il s'agit précisément des villages de Zanasso 1, dans la sous-préfecture de Sianhala, et de Kodiaga, dans la sous-préfecture de Kolia. Le bilan provisoire, au moment où nous nous rendions sur le théâtre des opérations, faisait état de 3 morts, 17 blessés graves dont 9 cas évacués d’urgence au Centre hospitalier régional (Chr) de Boundiali, ainsi que de plusieurs disparus et déplacés. A notre arrivée sur le lieu des affrontements, gendarmes et policiers étaient déja déployés. Lourdement armés, ils veillaient au grain pour éviter toute autre attaque de part et d'autre des limites des deux villages. Tout regroupement sur les lieux était interdit.

« Nous nous sommes interposés pour éviter que le conflit ne se généralise. Ce faisant, on va calmer les esprits et sauver des vies. Il s'agit pour nous aussi de sécuriser les blessés et les déplacés qui quittent les lieux », renseigne un officier de la maréchaussée ivoirienne sur place sans se prononcer sur les motifs des violents affrontements. La tension reste vive sur le terrain. Ce qui ne nous a pas permis d'échanger avec les leaders des deux parties. On en saura plutôt davantage avec des blessés, notamment ceux internés au Chr du chef-lieu de région de la Bagoué.

Après leurs soins, les blessés dans un état non critique, ont confié que le différend fait suite à un conflit foncier. Il porte sur les limites du patrimoine foncier des deux villages voisins. Des différents exposés des faits, l'on relève que c'est précisément l'exploitation d'un bas-fond qui a chauffé les esprits et conduit aux affrontements aux fusils de chasse et à la machette.


Autorités locales préoccupés. Informés de la crise, les autorités administratives et politiques de la région, le préfet hors grade Georges Gueu Gombagui, et le président du Conseil régional, Siama Bamba, en tête, se sont rendus au chevet des blessés. Au terme de leur visite de compassion et de réconfort, ils ont appelé les populations au calme et à la retenue. « Les conflits fonciers sont devenus monnaie courante dans la région. Cela nous inquiète. Chaque fois, nous invitons les protagonistes au dialogue et à la négociation pour régler leurs divergences. Nous voudrions réitérer cet appel. Que chaque partie s'approprie le vivre ensemble et évite tout ce qui peut à nouveau réveiller les démons de la division », a mobilisé le préfet. Siama Bamba, président du Conseil régional, a abonde dans le même sens. « La ministre en charge de la Cohésion sociale est native de notre région. Cela devrait nous amener à ne pas régler nos problèmes dans la violence. On peut tout régler dans la négociation. Vous qui êtes ici, n'ayez pas un esprit revanchard. Aidez-nous à éteindre le feu », a exhorté Siama Bamba.

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