Economie

Monaco refuse de confisquer les biens du Sénégalais Karim Wade

Monaco refuse de confisquer les biens du Sénégalais Karim Wade

Malgré une grâce de 2016 après une condamnation pour « enrichissement illicite », le fils de l’ex-président reste redevable à l’Etat sénégalais de plus de 210 millions d’euros d’amende.  

La justice monégasque a rejeté une demande de l’Etat sénégalais de confisquer les fonds monégasques de Karim Wade, fils de l’ancien président Abdoulaye Wade et opposant au pouvoir, condamné dans son pays pour « enrichissement illicite ».

Dans une décision rendue mardi 10 juillet et révélée par Monaco-Matin, les juges du tribunal correctionnel de Monaco ont rejeté la demande du Sénégal, qui réclamait notamment la saisie de 2 millions de dollars. Karim Wade, fils et ministre de l’ex-président Abdoulaye Wade (2000-2012), a été condamné en 2015 au Sénégal à six ans de prison ferme, à plus de 210 millions d’euros d’amende pour « enrichissement illicite » et à la confiscation de tous ses biens. La décision a été confirmée par la Cour suprême mais il a bénéficié d’une grâce présidentielle en juin 2016 et vit depuis à l’étranger. Il n’a pas été amnistié et le Sénégal demandait toujours la confiscation de ses biens.

« Raisons politiques »

« Les délits reprochés, trafic d’influence, recel, corruption sont des faits qui auraient été condamnés, évidemment, en principauté », avait plaidé devant la cour l’avocat du Sénégal, Thomas Giancarli. « La décision de la justice de Monaco (…) renforce le candidat Karim Wade dans sa détermination à défendre ses droits civiques et politiques », a, de son côté, salué le collectif des avocats de M. Wade dans un communiqué. « Il est clair qu’il a été poursuivi, jugé et condamné pour des raisons purement politiques dans le seul but d’être empêché de se présenter à l’élection présidentielle du 24 février 2019 », ont-ils estimé.

En mars, dans une procédure analogue en France, la cour d’appel de Paris avait rejeté un recours de l’Etat du Sénégal, après un refus de la justice de procéder à la saisie des biens de Karim Wade. M. Wade s’est vu par ailleurs refuser le 2 juillet son inscription sur les listes électorales sénégalaises, une décision que les avocats de l’ancien ministre contestent.

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