Economie

Impôts et Budgets: Paris convoque les pays du Franc CFA pour leur hausse

Impôts et Budgets: Paris convoque les pays du Franc CFA pour leur hausse

Les ministres des Finances des pays régis par le franc CFA discutent à Paris hausse de la collecte fiscale et ajustements budgétaires.

Le franc n'est pas mort. Non seulement il a survécu sous sa version africaine à son cousin hexagonal, dissous dans l'euro il y a 17 ans, mais il est au centre de rien moins que deux des quatre zones monétaires en vigueur aujourd'hui de par le monde ; la zone CFA d'Afrique de l'Ouest (les huit pays de la UEMOA) et la zone CFA de l'Afrique centrale (les six pays de la CEMAC). 

Plumer les oies

Les ministres des Finances de ces deux zones, ainsi que leur collègue des Comores qui a son propre franc, ont tenu jeudi à Paris leur conférence semestrielle, sous la présidence de Bruno Le Maire. On indique à Bercy que les travaux ont porté sur les grands équilibres budgétaires et financiers des pays de ces zones, ainsi que sur les moyens d'augmenter les recettes fiscales. Ces dernières, en raison d'une économie souterraine massive, ne dépassent pas en moyenne 15 % du PIB. Bercy estime pouvoir fournir des conseils aux administrations des pays africains pour pratiquer l'art de la collecte fiscale, qui consiste comme disait Colbert à « arracher le maximum de plumes à l'oie avec le minimum de cris ».

L'Afrique centrale en difficulté 

Pour ce qui est des grands équilibres financiers, les soucis sont concentrés sur la CEMAC (Cameroun, république centrafricaine, Gabon, Tchad, Guinée équatoriale, république du Congo), dont les membres sont déstabilisés par la chute des cours de l'or noir, à la différence de leurs homologues de CEMAO (Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo).

Les réserves de changes des pays de la CEMAC ne dépassaient plus l'équivalent de 2 mois d'importations en décembre dernier, quand un plan d'aide d'urgence en contrepartie d'un plan d'assainissement a été décidé à Yaoundé sous l'égide du Fonds monétaire international (FMI). Ce dernier a dérogé à cette occasion à sa règle habituelle de ne pas prêter plus de 75% à 100 % de la quote-part de ses Etats membres, pour monter à 200 %, malgré les objections américaines. Paris a prêté en sus 1 milliard d'euros sur trois ans.

Aux critiques récurrentes sur le franc CFA qui serait un vestige colonial, Bercy répond qu'il s'agit « d'un instrument de développement dans le cadre d'un destin commun », et que les pays africains bénéficient d'une convertibilité illimitée, du placement rémunéré à 0,75% de leurs réserves, alors que les banques centrales de la zone euro sont en territoire de taux négatifs, et d'une garantie du Trésor français, qui a d'ailleurs joué à hauteur de 48 millions d'euros l'an dernier.  

 

Avec Les echos.fr

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