Economie

Affaire 7,5 milliards à Thierry Tanoh: Ecobank trouve le « montant excessif et irrationnel »

Affaire 7,5 milliards à Thierry Tanoh: Ecobank trouve le « montant excessif et irrationnel »

À Abidjan, le tribunal de commerce a condamné le 15 janvier le groupe bancaire panafricain Ecobank à payer 7,5 milliards de FCFA à Thierry Tanoh, son ancien dirigeant et actuel secrétaire général adjoint à la présidence ivoirienne.

CET : la procédure pour licenciement abusif est traitée au Togo. A Abidjan, Ecobank, PIC et Daniel Matjila ont été condamnés de manière solidaire, affirme l’avocat de Mr Tanoh. Onze mois après son départ forcé d’Ecobank, Thierry Tanoh a obtenu gain de cause contre son ancien employeur. Selon nos informations, dans une décision rendue le 15 janvier 2015, le Tribunal de commerce d’Abidjan a condamné le groupe bancaire panafricain à verser 7,5 milliards de FCFA (environ 11 millions d’euros) à son ex directeur général. Une sentence particulièrement lourde.

« diffamation »

Selon nos informations, le Tribunal – qui a délivré sa sentence, de plus de 40 pages, durant 50 minutes – a jugé diffamatoire une lettre adressée le 1er mars 2014 par Daniel Matjila, chief investment officer du gestionnaire sud-africain PIC (actionnaire d’Ecobank), aux administrateurs du groupe et reprise dans plusieurs
journaux anglo-saxons. « Dans ce courrier, l’administateur jugeait Mr Tanoh « immature », « menteur », « manquant d’éthique » et « inapte à exercer la profession bancaire ». C’est pour ces termes, dont Ecobank ne s’est jamais désolidarisée, que la condamnation pour diffamation a été délivrée », a expliqué le 16 janvier au matin à Jeune Afrique Soualiho Lassomann Diomandé (cabinet Lexways), avocat de Thierry Tanoh. Ecobank, PIC et Daniel Matjila ont été condamnés de manière solidaire à payer 7,5 milliards de FCFA à Mr Tanoh. »


« Regrettable » 

Joint par mail, Albert Essien, successeur de Thierry Tanoh, n’a pas répondu à nos demandes d’entretien. Tout comme Thierry Tanoh. En revanche, Richard Uku, directeur de la communication du groupe bancaire, a jugé « la décision vraiment regrettable et injuste ». « Le montant est excessif et irrationnel », a-t-il témoigné par téléphone, depuis Abidjan, à Jeune Afrique. Le porte-parole a également confirmé l’intention du groupe de faire appel et contesté le choix d’Abidjan comme lieu de la procédure, le contrat de Mr Tanoh avec Ecobank stipulant selon lui « un recours aux tribunaux britanniques ou un arbitrage auprès de la CCI de Paris. »

Conflits –

Nommé à la tête d’Ecobank en 2013, après un processus compétitif, l’Ivoirien avait rapidement connu de grandes difficultés à diriger. Accusé par Laurence do Rego, alors directrice du groupe chargée de la finance et du risque, de plusieurs irrégularités en matière de gouvernance, l’ancien vice-président de la Société financière internationale (IFC) s’était également retrouvé au beau milieu d’une bataille entre administrateurs, certains le défendant, d’autres (notamment la partie sud-africaine) demandant ouvertement sa tête. Après plusieurs départs d’administrateurs, le conseil avait finalement décidé le 11 mars 2014 de révoquer Thierry Tanoh de son poste, avant la fin de son contrat.

3 février prochain

D’après nos informations, l’ancien directeur général d’Ecobank a également entamé une autre procédure, au Togo : celle-ci porte sur la rupture du contrat de Thierry Tanoh sans préavis violant en cela les procédures de l’Ohada. La décision est attendue pour le 3 février prochain. Un arbitrage serait également en cours à la CCI de Paris.

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