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CPI/ Après le témoignage de Kassaraté: Boga Sako exige la libération de Gbagbo

CPI/ Après le témoignage de Kassaraté: Boga Sako exige la libération de Gbagbo

Président de la Fondation Ivoirienne pour la Démocratie,Les Droits de l’Homme et la vie Politique (FIDHOP), Dr Boha Sako Gervais bat en brèche les accusations de Fatou Bensouda et exige la libération de Gbagbo et Charles Blé Goudé.

Témoignage de p11 a la CPI :

DECRYPTAGE :

A- UN PRINCIPAL ACTEUR DANS LA CRISE DE 2010-2011 COMME TEMOIN :

Du mercredi 08 au jeudi 16 mars 2017, a eu lieu au tribunal de la Cour pénale internationale (CPI), l’audition du 39ème témoin dit P11, dans l’affaire la Procureure contre le Président Laurent GBAGBO et le ministre Charles BLE GOUDE.
Pour parvenir à la culpabilisation des mis en cause, c’est-à-dire démontrer l’existence d’un « plan commun mis en place par le régime-Gbagbo visant à exterminer les Dioula pro-Ouattara », la Procureure de la CPI avait annoncé à l’ouverture du procès le 28 janvier 2016, très sûre d’elle-même, des témoignages de Généraux des Forces de Défense et de Sécurité (FDS), de Patriotes, de politiciens, etc.
Ainsi, après le témoignage tout aussi important du Général Brindou M’BIA, l’ex-Directeur Général de la Police de Côte d’Ivoire au moment de la grave crise postélectorale de 2010-2011, Mme Fatou BENSOUDA a appelé à la barre un autre témoin clé, l’ex-Commandant Supérieur de la Gendarmerie Nationale ivoirienne, le Général Edourd Tiapé KASSARATE.
La FIDHOP (la Fondation Ivoirienne pour l’observation et la surveillance de la Démocratie, des Droits de l’Homme et de la vie Politique), au terme de l’interrogatoire de P11, tire les leçons de ce précieux témoignage.
La FIDHOP observe que cet important témoin a plutôt battu en brèche tous les arguments du bureau du procureur de la CPI et détruit les quatre principaux chefs d’accusation de Mme BENSOUDA ; annonçant ainsi la libération prochaine des illustres prisonniers ivoiriens de Scheveningen.

B- DES ELEMENTS DETERMINANTS A DEDUIRE DU TEMOIGNAGE DU Gl KASSARATE :

1/ Juste après la présidentielle d’octobre et de novembre 2011, aussitôt après la proclamation des résultats définitifs, la Gendarmerie nationale de Côte d’Ivoire, très Républicaine, s’est associée aux autres corps de la Police et de l’Armée, pour aller, à travers les différents Généraux, féliciter et rendre les honneurs – ce que l’on traduit par « faire allégeance ou se mettre à la disposition » – au nouveau Président de la République sorti des urnes, proclamé vainqueur du scrutin et qui a régulièrement prêté serment devant le Conseil Constitutionnel. Qu’il s’appelait Laurent GBAGBO importait peu !

2/ Pour avoir fait « allégeance » au Président proclamé par le Conseil Constitutionnel, les éléments des Forces de Défense et de Sécurité, policiers, gendarmes et militaires, avec leurs Généraux en tête, étaient devenus les cibles des ex-rebelles pro-Ouattara qui étaient basés à l’Hôtel du Golf et dans le Nord du pays. Et la Communauté internationale a exercé des chantages sur certains d’entre eux, en prenant des sanctions contre eux, afin de les contraindre à se rallier à M. Alassane OUATTARA.

3/ Les Généraux FDS ont donc été approchés par des émissaires de la Communauté internationale (pour tenter de les corrompre ?) : le Gl KASSARATE confirme avoir reçu des Attachés militaires américains.

4/ Les conséquences des sanctions et des tractations de corruption en direction de ces Généraux FDS les a conduits à suggérer au Président GBAGBO, au plus fort de la crise, de démissionner et d’abandonner son peuple. Pour leur part, ces Généraux refuseront donc de mener ce combat qu’ils estimaient déjà perdu d’avance. Pourtant, c’étaient bien eux qui avaient déclaré la commune d’Abobo « Zone de guerre » et qui, jusqu’à la dernière minute, continuaient de rassurer les populations, à la télévision RTI et lors des rassemblements gigantesques des Patriotes.

5/ Les Généraux FDS ont ainsi choisi de livrer, sans jamais le leur dire clairement, leurs soldats, les jeunes policiers, gendarmes et militaires qui croyaient vaille que vaille défendre la République : ils les ont livrés en sacrifice au « Commando invisible » d’Abobo et aux ex-rebelles de l’Hôtel du Golf.

6/ PIRE : ces Généraux FDS ont choisi de faillir à leurs missions et responsabilités d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens sur toute l’étendue du territoire ivoirien : ils ont ainsi abandonné les populations civiles qui soutenaient la République qu’incarnait le Président Laurent GBAGBO, entre les mains des adversaires de la République. Ce fut surtout les tristes sorts pour les populations de Duekoue, dans le grand-Ouest de la Côte d’Ivoire, et pour celles du district d’Abidjan, notamment à Anokoua-Kouté et à Yopougon.

7/ En guise de Récompense, pour ‘’avoir fui ce combat’’ légitime, et surtout avoir finalement rallié le camp adverse, celui des ex-rebelles pro-Ouattara, les Généraux FDS ont bénéficié de nouvelles promotions, de gratifications et de nominations comme ambassadeurs, au Gabon pour l’ex-chef d’état-major Philippe MANGOU et au Sénégal pour l’ex-Commandant Supérieur de la Gendarmerie.

8/ AUTRE FAIT GRAVE : les Généraux FDS ont accepté de collaborer avec le bureau du procureur de la CPI, pour attester que le Président Laurent GBAGBO, qu’ils ont abandonné et qui fut finalement déchu le 11 avril 2011, était un criminel, un génocidaire…
Dès lors, en se disant – très probablement – que M. GBAGBO serait soit tué, soit rapidement condamné, sans difficulté, ces Généraux FDS, à qui le bureau de la CPI a dû faire comprendre, très certainement, qu’ils étaient eux-mêmes des co-auteurs directs des faits qui sont reprochés au Chef de l’Etat déchu, ils ont donc préféré COLLABORER AVEC LA CPI, pour éviter d’être eux-mêmes poursuivis. Et dans cette collaboration, ils étaient prêts à tout pour faire condamner le prévenu ; quitte à faire de faux témoignages ; à falsifier ou à faire falsifier des documents ; ou même à authentifier des vidéos montées ou provenant d’autres horizons, etc. Allant parfois jusqu’à se faire humilier et ridiculiser à la face du monde entier.

9/ MAIS, c’était sans compter avec le Temps. C’était sans s’imaginer la Détermination historique des Ivoiriens et des Africains épris de Justice qui ont décidé de RESISTER, afin que triomphe la Vérité. Et surtout, ces Généraux n’avaient jamais pensé devoir témoigner à visages découverts, face à la Côte d’Ivoire, face à l’Afrique, face au monde entier et face à l’Histoire qui les regardent !

C- EN CONCLUSION DU TEMOIGNAGE DE P11 :

Pour la FIDHOP, après l’audition de ce 39ème témoin, cet autre acteur clé de la grave crise postélectorale ivoirienne de 2010-2011, en la personne du Gl Edouard Tiapé KASSARATE, l’ex-Commandant de la Gendarmerie nationale de Côte d’Ivoire sous le Président Laurent GBAGBO, l’on peut tirer les conclusions suivantes.

1/ Le Président Laurent GBAGBO n’a jamais pu demander à des soldats ni à quiconque d’aller tuer des pro-Ouattara ! C’est inimaginable !

2/ Il n’a jamais pu exister au Palais présidentiel ivoirien qu’occupait M. GBAGBO, « un plan commun » qui aurait été concocté par le Chef de l’Etat d’alors avec ses proches, pour exterminer des Dioula ! C’est impossible en Côte d’Ivoire !
Ceci semble plutôt être le schéma ayant occasionné le génocide rwandais de 1994, que Mme Fatou BENSOUDA, qui fut Conseillère juridique et Substitut du Procureur du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) de 2002 à 2004 à Arusha, en Tanzanie, voudrait voir appliqué dans le cas ivoirien. Hélas, ce sera peine perdue !

3/ La « marche » dite pacifique organisée par le RHDP et les ex-rebelles pro-Ouattara, le 16 décembre 2010, sur la RTI et la Primature, était plutôt une véritable épreuve de guerre menée par les ex-rebelles pro-Ouattara contre la République !

4/ Le « massacre des 7 femmes d’Abobo », imputé aux FDS au début de mars 2011, semble être une bavure, en riposte aux éléments du « Commando invisible » ayant infiltré les populations civiles et qui attaquaient régulièrement les éléments FDS, causant des dizaines de morts dans les rangs de ces derniers.
Ici se dévoile désormais la stratégie utilisée dans la crise de 2010-2011 par les ex-rebelles pro-Ouattara et les partisans du RHDP pour faire accuser le Président Laurent GBAGBO et son pouvoir. En effet, en prétextant d’organiser des marches pacifiques, informations relayées sur leur Télévision-CI (TCI), les ex-rebelles en profitaient pour infiltrer les civiles et massacrer les FDS : les populations civiles ont donc été utilisées comme du camouflage ou du bouclier humain.

5/ Lorsque les ex-rebelles pro-Ouattara en provenance du Nord du pays rejoignirent leurs collègues d’Abidjan basés à l’Hôtel du Golf, en mars 2011 – en ayant opéré le massacre des populations de Duekoué sur leur chemin –, les seuls lieux en sécurité absolue en Côte d’Ivoire à ce moment-là, étaient l’Hôtel du Golf, le siège de l’ONUCI et les ambassades. D’où l’invitation adressée par M. Alassane OUATTARA au Gl KASSARATE de les rejoindre à l’Hôtel du Golf ; pendant que le Gl MANGOU se réfugiait à l’ambassade d’Afrique du Sud.
Ce qui explique aussi que des centaines de milliers d’Ivoiriennes et d’Ivoiriens, qui défendaient la République, ou qui soutenaient le Président GBAGBO, ont été contraints de fuir la Côte d’Ivoire pour l’exil, afin d’avoir la vie sauve.

ET POURTANT, quoique cités à maintes reprises par les témoins successifs, jamais les ex-rebelles pro-Ouattara ne sont inquiétés par la Cour pénale internationale…

6/ AU TOTAL : le Président Laurent GBAGBO et le ministre Charles BLE GOUDE doivent être libérés !

Parce que leur culpabilité parait très difficile, voire impossible à prouver.
Tout au moins, devant l’étalage du procès sur tant d’années (du 28 janvier 2016 à 2022, selon les estimations judiciaires ; alors que la détention date du 30 novembre 2011), ce qui rallonge injustement leur incarcération provisoire, ces Innocents présumés méritent qu’il leur soit accordé la LIBERTE PROVISOIRE !
Ce sera donner une vraie chance à la Réconciliation en Côte d’Ivoire…

Fait à Rome, ITALIE, le 19 Mars 2017

Dr BOGA S. GERVAIS
Président-Fondateur de la FIDHOP

Enseignant-Chercheur à l’Université de Côte d’Ivoire ;
Ex-Membre de la Commission Nationale des Droits de l’Homme
de Côte d’Ivoire (CNDHCI) ;
Président de la Fondation Ivoirienne pour la Démocratie,
Les Droits de l’Homme et la vie Politique (FIDHOP) ;
Ecrivain-Essayiste.

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