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Soupçons de financement libyen: Attaqué par Sarkozy, Mediapart riposte

Soupçons de financement libyen: Attaqué par Sarkozy, Mediapart riposte

  Mediapart vs Nicolas Sarkozy, round 2. S’exprimant sur TF1, l’ancien président de la république a dénoncé « l’ignominie » de la « bande de Kadhafi » et de Mediapart, au lendemain de sa mise en examen dans l’enquête sur les soupçons de financement libyen de sa campagne de 2007. Le site a riposté sur Twitter, et son patron, Edwy Plenel a accusé Nicolas Sarkozy d’être « le premier diffuseur de fake news de notre pays ».

 

Comme il l’a déjà fait par le passé, Nicolas Sarkozy a mis en doute l’authenticité d’un document attribué au gouvernent libyen de 2006, publié par Mediapart en 2012, faisant état de « l’approbation d’appuyer la campagne électorale du candidat aux élections présidentielles, M. Nicolas Sarkozy, pour un montant d’une valeur de cinquante millions d’euros ».

Brandissant « une synthèse émanant d’une commission rogatoire signée par des officiers de police judiciaire », l’ancien patron de l’UMP a lu la conclusion suivante : « ''Le document produit par Mediapart, il existe une forte probabilité qu’il soit un faux'' ». « Les deux prétendus signataires du document libyen, Mr Moussa Koussa et Mr Béchir Salah ont tous les deux dit de la façon la plus formelle que ce n’était pas leur signature et que ce document était un faux », martèle Nicolas Sarkozy.

« La vérité, c’est juste l’inverse », répond Mediapart

Le journaliste de Mediapart Fabrice Arfi a répondu sur Twitter : « Réussir à dire à plusieurs reprises que la justice a reconnu comme faux la note Koussa force l’admiration. La vérité, c’est juste l’inverse. Par deux fois, elle a débouté l’ancien président ».

Nicolas Sarkozy a en effet poursuivi Mediapart pour « faux et usage de faux ». Maisil a été débouté en 2016 puis en appel en novembre dernier, la justice estimant qu’il n’a pas pu être démontré qu’il s’agissait d'« un support fabriqué par montage » ou « altéré par des falsifications ». Et des experts ont confirmé l’authenticité de la signature de Moussa Koussa, ex-chef des services de renseignement extérieur de la Libye. Nicolas Sarkozy attend désormais que son pourvoi en cassation soit examiné.

« Il ne faut pas le croire », attaque Edwy Plenel

Au micro de BFMTV, le fondateur de Mediapart, Edwy Plenel, a répondu aux attaques de l’ancien président, l’accusant d’être « le premier diffuseur de fake news de notre pays ». « Il ne faut pas le croire, monsieur Sarkozy. Qu’il aille s’expliquer devant les juges et qu’il arrête de s’en prendre à un journal indépendant qui n’a fait que son métier : être utile aux citoyens de ce pays. Son problème, ce n’est pas Mediapart. C’est la justice. » Les arbitres compteront les points.
 
 
                                                            20 Minutes
 
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