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Nouvelle attaque à Kaboul, un centre d'entraînement des renseignements visé

Nouvelle attaque à Kaboul, un centre d'entraînement des renseignements visé

Des hommes armés ont lancé jeudi une attaque contre un centre d'entraînement des services de renseignement à Kaboul, au moment où familles et amis enterraient les dizaines de victimes d'un attentat-suicide survenu la veille dans la capitale afghane.  

 

L'assaut de jeudi, qui n'a pas été revendiqué à ce stade, intervient au terme d'une semaine déjà sanglante pour l'Afghanistan.

 

"Des affrontements sont en cours. La zone est bouclée par les forces de sécurité", a déclaré le porte-parole de la police de Kaboul, Hashmat Stanikzai.

 

"Les assaillants sont montés dans un immeuble haut et ils échangent des tirs avec les forces de sécurité afghanes", a déclaré un responsable, ajoutant que des maisons appartenant à des civils se trouvaient à proximité.

 

Des images filmées en direct par la télévision privée Tolonews montraient des rues vides dans lesquelles des tirs d'armes automatiques résonnaient. Des véhicules militaires patrouillaient dans la zone, que survolait un hélicoptère.

Des commandos de l'armée ont été déployés pour mettre un terme à l'assaut contre un centre d’entraînement du NDS (Direction nationale de la sécurité), les services de renseignement afghans, selon un cadre sécuritaire.

 

L'attaque s'est produite moins de 24 heures après un attentat-suicide contre une école d'un quartier chiite de Kaboul, revendiqué jeudi par le groupe Etat islamique via Amaq, son canal de propagande.

 

Des étudiants y préparaient les concours d'entrée de l'enseignement supérieur. Cette attaque a fait au moins 37 morts, selon le dernier bilan disponible.

 

Les proches et les familles de neuf d'entre eux, très émus, ont assisté jeudi matin à un enterrement collectif. Une pelleteuse a creusé neuf tombes dans le sol aride. Certains pleuraient, d'autres étreignaient les cercueils.

 

"Mort à votre cessez-le-feu et à vos négociations de paix fantôme", a hurlé l'une des personnes présentes, en référence aux velléités de négociations de Kaboul avec les talibans pour mettre un terme à 17 années de guerre.

 

"Il tuent nos personnes éduquées. Tous les jours, ils nous tuent", a-t-il lancé.

 

- "Ascendant" -

 

Les insurgés sont sous pression depuis des mois pour accepter d'ouvrir des négociations de paix avec le gouvernement afghan.

Les talibans avaient observé en juin un cessez-le-feu inédit de trois jours à l'occasion de la fin du ramadan, relançant les espoirs de paix après quelque 17 années de guerre.

 

"Chaque jour, nous sommes témoins d'attaques meurtrières à Kaboul et dans d'autres grandes villes. Je pense que les talibans ne croient pas en des discussions de paix", a pourtant estimé Shahenshah Shahin, un petit commerçant rencontré dans Kaboul.

 

"Les talibans vont essayer d'avoir l'ascendant pendant ces discussions, donc on ne peut pas exclure davantage d'attaques d'ici à un cessez-le-feu", a indiqué l'analyste Rahimullah Yusufzai, spécialiste des talibans.

 

"C'est la saison des combats et les talibans voudront accumuler les victoires avant l'hiver", a-t-il ajouté.

 

Jeudi dernier, ils avaient lancé un assaut sur Ghazni, que l'armée afghane, appuyée par des raids aériens américains, a mis plusieurs jours à repousser. Un calme précaire est revenu mercredi dans cette ville stratégique située à deux heures de route de Kaboul.

 

D'après l'ONU, des rapports font état de 150 civils tués dans ces combats.

 

De petits quartiers de Ghazni commençaient à recevoir de l'aide humanitaire jeudi, alors que les téléphones portables se remettaient progressivement à fonctionner après des jours sans accès au réseau.

 

Les insurgés ont aussi réussi à s'emparer mardi d'une base militaire dans la province de Faryab (Nord-Ouest), dans laquelle au moins 100 militaires étaient stationnés.

 

Kaboul est devenu un des endroits les plus dangereux d'Afghanistan, en proie à de fréquents attentats. Une attaque à l'ambulance piégée revendiquée par les talibans y avait notamment fait plus de 100 morts en janvier.

 

D'après la mission des Nations unies en Afghanistan (Manua), le conflit a tué près de 1.700 civils sur les six premiers mois de l'année, un record en dix années de conflit. La moitié de ces victimes sont mortes dans des attentats, attribués majoritairement à l'EI.

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