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Nouveau pont d'Abidjan: les habitants d'Adjamé, menacés d'expulsion, en colère

Nouveau pont d'Abidjan: les habitants d'Adjamé, menacés d'expulsion, en colère

En Côte d'Ivoire, les travaux du quatrième pont d'Abidjan ne font pas que des heureux. Vendredi matin, les habitants du village d'Adjamé, au nord du centre d'affaires du Plateau, sont sortis dans les rues pour manifester contre le projet de déguerpissement des populations, nécessaire à la construction du pont. Il y a eu de brefs accrochages avec les forces de l'ordre qui ont utilisé leurs gaz lacrymogènes.  

Sous le préau de la chefferie traditionnelle d'Adjamé-village se tient une réunion de crise. Des dizaines d'habitants écoutent attentivement la déclaration des leaders coutumiers qui viennent de s'entretenir avec la police.

Plus tôt dans la matinée la population, qui estime avoir déjà concédé beaucoup d'espace pour le développement d'Abidjan, était dans la rue avant d'être dispersée par les gaz lacrymogènes des forces de l'ordre. On ne va pas partir, « On a tout donné ! », s'indigne un homme. « On n'a qu'un seul village ! », renchérit une femme en colère.

Le village rasé au profit d'une voie rapide ?

 

Le futur pont à péage doit relier la commune de Yopougon à celle du Plateau en passant par Adjamé. C'est justement là que ça coince, car d'après les habitants, l'avenue Reboul qui traverse le village, doit laisser place à une large voie rapide permettant l'accès au quatrième pont. Ce qui implique forcément des déloger les populations.

 

Le président du comité d'organisation du village, Clément Lagouan, affirme pourtant qu'un mémorandum listant leurs préoccupations a été transmis aux autorités. « On n'a pas vu les résultats de l'étude d'impact environnemental et social ! C'est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase, explique Clément Lagouan... On n'est pas contre le développement mais il ne faudrait pas que le développement nous emporte !»

 

Le ministre de l'Equipement, en charge du projet, n'était pas joignable. Mais son collègue de la Construction et de l'Urbanisme, Bruno Koné, défend que ce genre d'opération n'a pu se faire sans le consentement des populations.

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