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Infrastructures/La Baie de Cocody et le barrage de Soubré, deux projets d’intégration sous-régionale à dimension humaine

Infrastructures/La Baie de Cocody et le barrage de Soubré, deux projets d’intégration sous-régionale à dimension humaine

Le projet de sauvegarde et de valorisation de la Baie de Cocody, dans le district d’Abidjan, la capitale économique ivoirienne, et celui du barrage de Soubré(région de la Nawa, dans le sud-ouest du pays), se présentent, 58 années après l’accession à l’indépendance, comme l’expression achevée de l’éco-diplomatie, mais aussi celui de tous les rêves permis.  

 

D’un coût global estimé de 400 milliards de francs CFA, ce projet, par-delà sa dimension humaine d’avant-garde, se présente comme un vaste projet d’intégration socio-économique, par la création de près d’un million d’emplois en phase d’exploitation, 3000 dans la phase des travaux, révèlent des études spécifiques.

Projet, à la fois, innovant et structurant, l’aménagement de la Baie de Cocody, de l’avis de ses promoteurs, frappe le citoyen ordinaire par son ingéniosité. Il fait en effet se côtoyer restaurants, cafés, bars, centres commerciaux, appartements-hôtels, centres de conférences, hôtels, espaces culturels et de jeux, galeries d’art et parc botanique, en somme, toute la panoplie qui permet toutes les rêvasseries…

Symbole de la nouvelle coopération Sud-Sud, imprimée par l’Etat de Côte d’Ivoire et le Royaume chérifien du Maroc, sous l’impulsion des autorités ivoiriennes et chérifiennes, il est destiné à juguler les problèmes liés aux inondations ou autres catastrophes naturels au niveau du  carrefour de l’Indénié reliant les communes d’Adjamé et de Cocody. Il va également favoriser la fluidité des eaux usées ainsi que tous les autres déchets solides en provenance du bassin du Gourou, censé lui aussi favoriser la dépollution de la lagune, indique M. Doffou.

Réalisé sur une surface de 199.469 mètres carrés d’un terrain d’une superficie de 58,2 hectares, le projet va, dès la livraison de la phase-2 prévue en 2025, constituer un élément catalyseur d’une dynamique sociale à jamais connue, celle du rêve des autorités ivoiriennes à faire du pays une nation émergente dès l’horizon 2020.

Sur ce site, qu’on dit unique en son genre en Afrique subsaharienne, le visiteur ou autre vacancier, qui vont et qui viennent, l’homme d’affaires et les milieux du sport pourront l’apprécier; chacun y pourra accéder à ses désirs sur une marina, coloriée où espaces verts, pistes cyclables et parc aquatique peuvent faire se décliner des notes de musique qui peuvent transporter même les âmes en perdition. Celles-ci, pour leur pérégrination, auront de quoi s’offrir un viaduc haubané, un mémorial et un quai dédié à l’Union africaine(UA) et au continent.

Le barrage de Soubré, qui s’inscrit dans le même registre de l’intégration régionale, à l’instar de la Baie de Cocody, se veut une réponse à l’épineuse question de l’accessibilité à l’énergie et à l’électricité domestique, « en abondance et bon marché à l’intention des populations », plaide-t-on du côté de Côte d’Ivoire-Energies, l’entreprise publique ayant mission de promouvoir la politique nationale en matière d’énergie. L’un de ses dirigeants souligne même que cette infrastructure va accroître l’offre en direction de pays de la sous-région ouest-africaine, connectés à la Côte d’Ivoire, en vertu de convention de fourniture d’énergie signée avec le gouvernement ivoirien. Il s’agit du Mali, le Togo, le Burkina Faso, le Ghana, la Guinée, ainsi que le Libéria et la Sierra-Leone dont la convention avec la Côte d’Ivoire est plus récente.

Selon le président ivoirien, Alassane Ouattara, qui a procédé à sa mise en service le 2 novembre 2017, après le lancement des travaux en 2013, le barrage de Soubré se veut par ailleurs un puissant levier de l’intégration sous-régionale, par-delà ses retombées spécifiques, notamment le développement et l’optimisation du potentiel hydroélectrique du fleuve Sassandra dont la réalisation du barrage a dépendu en partie.

Caractéristique des politiques et stratégies du gouvernement ivoirien de mettre en valeur de façon équilibrée les ressources énergétiques avec les besoins déterminés du pays, l’ouvrage, soutiennent des techniciens, vise à relever et assurer, à moyen terme, le niveau de l’hydroélectricité en Côte d’Ivoire, de rééquilibrer le mix-énergétique et de faire face, à moindre coût, à l’évolution croissante de la consommation nationale, par un équilibre régulé de l’offre et de la demande.

D’un coût global de 331 milliards de francs CFA, financés à 85%, soit 239 milliards par le groupe bancaire chinois Eximbank China, les 15%, soit environ 92 milliards étant à la charge de l’Etat ivoirien et, mobilisables sur une durée de 5 ans, le barrage de Soubré, dont les chutes ont été découvertes en 1962 et les études de faisabilité lancées en 1982, se présente également comme un projet unique, à forte dimension humaine.

Par son caractère structurant, celui-ci va générer la création de 3000 à 5000 emplois directs ou indirects, avec pour catalyseur l’exploitation des chutes de la Nawa, du nom du fleuve arrosant la région, et qui va doper le tourisme national. Ses effets, fait-on savoir, auront indéniablement un impact positif perceptible dans divers domaines comme le projet d’urbanisation et de construction d’une ville nouvelle typique, confié à une entreprise chinoise. Dans ce cadre, d’autres relatifs à l’éducation, la santé, la pêche et à l’emploi des jeunes sont en cours de réalisation.

De toute évidence, l’aménagement de la Baie de Cocody, en cours, tout comme la construction du barrage hydroélectrique de Soubré portent-ils en eux un nouvel état d’esprit des Etats dans la réorientation, la définition et l’articulation de leur politique d’intégration socio-économique. Ceux-ci, tout en capitalisant une nouvelle prise de conscience, entendent certes délivrer le message d’une participation sociale plus affirmée à l’édification et à l’émergence d’une nouvelle société, mais surtout, celui des espérances possibles.

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