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Attaque à Manchester : le récit d’une effroyable nuit

Attaque à Manchester : le récit d’une effroyable nuit

Une explosion dans une salle de concert de Manchester a fait au moins 22 morts lundi soir. La police privilégie la piste terroriste. 

Il est 22h33 lorsque la police britannique reçoit l’alerte. A l’Arena de Manchester, un drame vient de se produire. Il ne faut que quelques minutes pour que les premiers témoignages arrivent. Sur les réseaux sociaux, on parle d’un véritable bain de sang. En vidéos, le monde découvre l’horreur, la panique et les cris. Dans la salle où quelques minutes plus tôt, la chanteuse américaine Ariana Grande donnait un concert, les survivants tentent par tous les moyens de prendre la fuite. Quelques minutes plus tôt, une explosion a retenti et tué au moins 22 personnes, dont des enfants. Certains ne comprennent pas immédiatement qu’ils ont sans doute échappé au pire.

 
 

Dans la salle, quelques personnes évoquent des coups de feu, d’autres l’explosion d’une enceinte. Mais il ne faut pas longtemps à la police pour confirmer le pire : un homme «solitaire» s’est fait exploser à l’issue du spectacle de la chanteuse principalement suivie par des enfants et des adolescents. «Elle a terminé sa dernière chanson… et il y a eu ce grand bruit, et tout ce dont je me souvienne, c’est tout le monde en train de courir… les gens couverts de sang, d’autres personnes se battaient, c’était effrayant», raconte un témoin à «The Independent». «Les gens commençaient à partir, et en me tournant j’ai entendu une explosion, près de l’une des sorties. On a cru que c’était des fans qui chahutaient mais c’est arrivé à nouveau. Une autre explosion. Et là on a vu de la fumée. Tout le monde a fui, des gens étaient blessés. On a vu du sang sur les gens», commente une autre fan présente au concert.

Le "coeur brisé" d'Ariana Grande

Dans le hall de la grande salle comme à l’extérieur, la police prend en charge les blessés pendant que les proches des spectateurs attendent fébrilement d’avoir de leurs nouvelles. «J’ai entendu un "boom" et un homme a hurlé "courrez!"», confie au «Mirror» une autre survivante. «En allant dehors, vous pouviez sentir l’odeur de brûlé. Et on voyait la police courir», continue-t-elle. Une autre décrit un véritable «chaos» à l’intérieur, les «gens qui se poussaient», «aucune organisation». «J’ai vu une femme en fauteuil roulant être poussée par des gens qui tentaient désespérément de sortir», se souvient-elle dans «The Independent» 

Alors que les secours prennent en charge la soixantaine de blessés, la solidarité se met en place. Sur les réseaux sociaux, comme après les attentats de Paris le 13 novembre 2015, un hasthag voit le jour afin d’accueillir chez soi des victimes qui ne pourraient pas rentrer chez elles. Avec #RoomForManchester, les habitants de la ville proposent leur aide aux survivants. Les taxis eux aussi se mobilisent pour prendre en charge les spectateurs. Steve Rotheram, maire de la métropole de Liverpool, écrit aux alentours de minuit que ses deux filles étaient présentes au concert et qu’elles ont pu rentrer saines et sauves chez elles grâce à un chauffeur de taxi.

Dans la nuit, la première ministre britannique Theresa May, condamne une «attaque terroriste épouvantable» et annonce qu’avec son rival travailliste Jeremy Corbyn, ils ont décidé mardi de suspendre leur campagne en vue des élections législatives du 8 juin. Quelques heures plus tard, c’est la chanteuse Ariana Grande qui réagit, indiquant sur Twitter avoir «le cœur brisé» et «être désolée». Elle annonce dans la foulée suspendre sa tournée européenne.

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