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Après sa libération : Les premiers mots de l’imam Aguibou Touré

Après sa libération : Les premiers mots de l’imam Aguibou Touré

Libéré hier dans la foulée de l’amnistie accordée par le chef de l’Etat à 300 détenus de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca), l’imam Aguibou Touré a rejoint sa maison à Adjamé-Payet. Et c’est presqu’un héros que les populations de ce quartier pépère ont accueilli ce mardi.  

 

«Depuis son arrivée chez lui, jusqu’à 2 heures du matin, il n’est pas parvenu à rester seul un seul instant avec sa famille. Ce n’est qu’après 2h du matin qu’il s’est enfin retrouvé en intimité avec sa femme et ses enfants», explique Djémorry Kanté, frère d’Aguibou Touré et aussi son adjoint à la mosquée. C’est Djémory Kanté qui dirigeait la mosquée en son absence, c’est lui qui s’occupait de la famille et c’est aussi lui qui était l’interface entre l’ex-détenu de la Maca et les personnes extérieures qui venaient prendre de ses nouvelles. «Ses premiers mots ont été, ‘‘merci’’», explique Kanté. D’après lui, l’imam aurait dit : «initché (ndlr, merci en bambara)». Et Djémory Kanté de poursuivre : «Il nous a dit que pour lui, c’était comme s’il passait devant le champ d’une personne occupée à travailler et qu’il lui lançait au passage, merci. Normalement, il n’y a pas lieu de dire merci à cette personne puisque c’est dans son propre champ qu’elle travaille. Mais lui, a décidé de dire merci». Pour la persévérance de sa famille et de son frère ainsi que pour leur croyance ferme en la certitude qu’il allait retrouver la liberté, Aguibou Touré s’est contenté de les en remercier. Autre fait marquant de cette libération, c’est le symbol. Quelques jours avant d’être arrêté, Aguibou Touré avait confié à son frère qu’il lui fallait faire une retraite spirituelle de quarante jours. «Il m’a dit qu’il en sentait le besoin. Et que cette idée l’obsédait. C’est juste après qu’il a été arrêté et conduit à la Maca», témoigne Djémory Kanté. Avant d’ajouter : «Et devinez combien de jours il a passés à la Maca ? Quarante jours». Pour l’imam Kanté, c’était comme si ce séjour à la prison civile d’Abidjan était une sorte de retraite spirituelle. Entré à la Maca avec un certain poids, c’est un Aguibou Touré avec quelques kilos en moins qui a retrouvé sa famille. Ces kilogrammes perdus ne sont pas le fait de la prison, s’empresse de rassurer son frère. L’imam Touré faisait volontairement de l’exercice physique afin de perdre du poids, informe-t-il. Finalement, à l’entendre, le guide religieux a mis à profit chaque jour passé à la Maca. C’est finalement ce mercredi qu’il s’est rendu à Marcory pour voir sa mère.

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