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Air France: menace de grève des pilotes après le "débarquement" d'un des leurs

Air France: menace de grève des pilotes après le

Les syndicats de pilotes d'Air France menacent de se mettre en grève le jeudi 11 janvier, reprochant à la direction son attitude envers un commandant de bord qui avait refusé de décoller faute d'un chef de cabine "compétent".  

 

 Dans un communiqué commun publié jeudi, les trois syndicats de pilotes d'Air France - SNPL, Spaf et Alter - dénoncent le "débarquement" mardi par la compagnie d'un commandant de bord.

 

Ce commandant avait refusé "pour des raisons de sécurité" d'effectuer un vol au départ d'Orly "avec une composition équipage dégradée", selon eux.

 

En remplaçant "contre son gré" ce commandant de bord, la direction "a choisi, de manière inédite, de piétiner cette règle fondamentale", qui confie "au commandant de bord exécutant un vol, la responsabilité de la mission".

 

Elle "bafoue les dispositions du Code des transports et du Code de l'aviation civile relatives aux prérogatives des commandants de bord", estiment les syndicats.

 

"Air France s'assure en permanence que la composition des équipages soit réglementaire et conforme au manuel d'exploitation de la compagnie approuvé par la DGAC", a réagi la direction dans un communiqué.

 

"Informée de l'intention des syndicats de pilotes de déposer un préavis de grève", elle "déplore cette réaction à une situation qui n’a en aucun cas remis en cause les prérogatives du commandant de bord ou la sécurité des vols".

 

Les syndicats ont demandé que la direction "reconnaisse que cette décision n’était pas conforme au respect des prérogatives des commandants de bord" et "rappelle le périmètre" des prérogatives de l’encadrement.

 

Ils demandent aussi que soient modifiées des "dispositions litigieuses" du manuel d'exploitation d'Air France qui pourraient donner lieu à des "interprétations" concernant ces prérogatives.

 

Si "aucune réponse satisfaisante" n’est apportée, les trois syndicats "appelleront les pilotes à cesser le travail" le 11 janvier. Un préavis de grève devait être déposé dans la journée, a précisé à l'AFP Philippe Evain, président du SNPL.

 

- Dispositif "conforme" -

 

La direction d’Air France se tient, quant à elle, "à la disposition des syndicats de pilotes pour échanger et répondre aux questions sur cette situation".

 

Mardi, en l'absence d'un "chef de cabine qualifié" pour un vol au départ d'Orly, la direction a voulu "désigner un steward pour exercer cette fonction", c'est-à-dire "quelqu'un qui n'a pas l'étoffe pour ce rôle capital" en cas d'incident, d'évacuation, a expliqué M. Evain.

 

Le pilote a, lui, demandé "un chef de cabine compétent" et proposé d'attendre "qu'il y en ait un de réserve disponible" et la direction l'a "débarqué", a-t-il ajouté.

 

Selon la direction, "les personnels +faisant fonction+ de chef de cabine ont tous reçu une formation, approuvée par l’Autorité, qui leur permet d’accomplir leur mission comme n’importe quel chef de cabine nommé".

 

"Ce dispositif est totalement conforme à la réglementation. Il est mis en œuvre dans des situations d’aléas d'exploitation exceptionnels, telles que l’absence pour maladie, afin d’éviter l'annulation d’un vol à chaud et les désagréments pour les clients", ajoute-t-elle.

 

"Le commandant de bord n’a pas voulu effectuer le vol dans ces conditions, bien qu'elles aient été totalement conformes et réglementaires. Afin d'éviter l'annulation du vol à chaud, il a donc été remplacé par un autre commandant de bord", poursuit la direction.

 

Les pilotes "ne sauraient accepter d'exercer leur métier sous la pression d’un management qui fait passer les questions de rentabilité loin devant la sécurité des passagers, des membres d'équipage et des aéronefs", soulignent les syndicats.

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