Les soldats français et maliens applaudis à Tombouctou. Les images

Securité | Publié le Mardi 29 Janvier 2013 à 12:26:27 |
 
Les soldats français et maliens applaudis à Tombouctou. Les images

Soldats français et maliens sont entrés lundi dans la cité historique de Tombouctou, sans combattre et sous les vivats des habitants, après des mois d'occupation par des insurgés islamistes qui ont brûlé un bâtiment contenant de précieux manuscrits antiques avant de prendre la fuite.

"Il n'y a eu aucun coup de feu, aucune goutte de sang, même pas de résistance passive avec des pièges", a déclaré le colonel français Frédéric Gout, chef de l'opération héliportée sur Tombouctou, ville-phare de l'islam en Afrique aux XVe et XVIe siècles.

"Nous sommes en train de gagner cette bataille", a asséné à Paris le président français François Hollande. "Quand je dis nous, c'est l'armée malienne, ce sont les Africains soutenus par les Français", a-t-il précisé aussitôt.

Des troupes britanniques?
Le Royaume-Uni, qui envisagerait, selon la presse britannique, d'envoyer rapidement 200 militaires non-combattants en Afrique de l'ouest, dont quelques "dizaines" au Mali, deviendrait alors le premier pays occidental à épauler la France par une présence sur le terrain, même s'il ne s'agit que d'entraîner les troupes des pays d'Afrique de l'ouest chargées de prendre le relais pour combattre les islamistes.

Lundi déjà, le Premier ministre David Cameron avait assuré M. Hollande que Londres était "disposée" à aider davantage Paris au Mali. Le Japon, lui, s'est engagé mardi à verser 120 millions de dollars pour aider à stabiliser le Mali et le Sahel, quelques jours après la mort de dix Japonais dans une prise d'otages en Algérie par des islamistes qui disaient agir en représailles à l'intervention française au Mali.

De son côté, l'Union africaine va financer 10% de la force africaine au Mali, alors que la conférence de donateurs chargée de trouver au moins 460 millions de dollars pour repousser les insurgés islamistes s'ouvre mardi à Addis Abeba.

Tombouctou, à 900 km au nord-est de Bamako, est tombée après une manoeuvre conjointe, terrestre et aérienne, et le largage de parachutistes dans la périphérie, avant l'entrée lundi après-midi d'une colonne de soldats français et maliens en ville.

"Crime culturel"
Aux cris de "Mali, Mali, Mali", la foule brandissait de petits drapeaux français et maliens au passage des militaires, a constaté un journaliste de l'AFP. Mais les témoignages se sont multipliés sur la destruction de précieux manuscrits datant de plusieurs siècles dans cette cité qui fut la capitale intellectuelle et spirituelle de l'islam en Afrique aux XVe et XVIe siècles et une prospère cité caravanière.

"Le centre Ahmed Baba où se trouvent des manuscrits de valeur a été brûlé par les islamistes. C'est un véritable crime culturel", s'est lamenté le maire de Tombouctou, Halley Ousmane. L'Institut Ahmed Baba abrite entre 60.000 et 100.000 manuscrits, selon le ministère malien de la Culture.

Selon les habitants, les islamistes ont pris la fuite après les frappes aériennes françaises ces derniers jours. Lundi soir, tout était calme dans Tombouctou plongée dans l'obscurité, l'électricité étant coupée, tout comme le réseau téléphonique, en raison de sabotages des islamistes. Les militaires maliens occupaient la ville, tandis que les Français s'étaient repliés dans les faubourgs où ils ont installé des postes de contrôle.

Pas de Français dans les montagnes de Kidal
Quelques 3.500 soldats français et 1.900 soldats africains, notamment tchadiens et nigériens, sont déployés au Mali au côté de l'armée malienne. L'opération sur Tombouctou survient deux jours après la prise de Gao, plus importante ville du nord et un des bastions des combattants islamistes, à 1.200 km au nord-est de Bamako. Les combats à Gao ont fait 25 morts dans les rangs islamistes, selon l'armée française.

Après Gao et Tombouctou, les regards se tournent désormais vers Kidal (extrême nord-est), troisième grande ville du nord, à 1.500 km de Bamako. Selon une source de sécurité malienne, les principaux responsables des groupes islamistes armés se sont réfugiés dans les montagnes de Kidal, mais François Hollande a laissé entendre que les soldats français n'iront pas les chercher.

Exactions de l'armée malienne
Des rebelles touareg du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA), et des dissidents du groupe islamiste Ansar Dine (Défenseurs de l'islam), qui ont formé le Mouvement islamique de l'Azawad (MIA), disent contrôler Kidal. Le MNLA assure ne pas rechercher la confrontation avec l'armée française ni avec les militaires africains, mais vouloir empêcher "les exactions de l'armée malienne".

La reconquête du nord laisse craindre des actes de vengeance contre les islamistes, qui ont commis de nombreux crimes au nom de la charia (loi islamique): amputations, lapidations, exécutions et, à Tombouctou, destruction de nombreux mausolées de saints musulmans.

La procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Fatou Bensouda, a mis en garde Bamako. "J'invite les autorités maliennes à mettre immédiatement fin aux actes allégués" et "à diligenter des enquêtes et poursuites à l'encontre des responsables", a-t-elle dit.

Représailles en France
La France a par ailleurs annoncé avoir reçu des menaces directes par "des groupes terroristes nigérians" en représailles à son intervention au Mali. Le FMI a de son côté versé lundi 18,4 millions de dollars à Bamako pour faire face à "l'instabilité" dans le pays et convaincre les donateurs internationaux de reprendre leur aide, gelée depuis le coup d'Etat de mars 2012 qui a précipité le Mali dans le chaos. 

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